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Flash actu du mercredi 10 juin 2009

Les cellules iPS : une révolution scientifique qui n'a pas intéressé le premier forum des Etats-Généraux de la bioéthique 

Le premier des trois forums publics des Etats-Généraux de la bioéthique, qui se déroulait hier au Palais du Pharo à Marseille, avait pour sujet la recherche sur l’embryon, le DPN et le DPI. Or, au terme de trois heures de discussions sur les cellules souches embryonnaires, ce n’est qu’avant de conclure, et de manière extrêmement fugitive, que les possibilités offertes par les cellules reprogrammées (iPS), découvertes par le Pr. Yamanaka en 2007, furent enfin évoquées. Comment expliquer ce silence au sujet d’une découverte de renommée mondiale, qui remet fondamentalement en cause le bien-fondé du moratoire permettant en France la recherche sur l’embryon ?

La loi française telle qu’elle fut adoptée en 2004 interdit en effet la recherche sur l’embryon. Mais elle l’assortit d’un moratoire de cinq ans, l’autorisant à titre dérogatoire, défini par deux conditions : l’exigence de progrès thérapeutique majeur et l’absence de méthode alternative d’efficacité comparable. La question posée aujourd’hui est la suivante : doit-on maintenir ce moratoire ?

La pédagogie souhaitée par le Président de la République lors de ces Etats-Généraux était celle d’un débat national. La réflexion telle qu’elle est menée dans le premier forum public qui clôture cette période s’est présentée sous la forme d’un dialogue entre un comité d’experts et un panel représentatif de la population. Les 16 personnes qui le composaient  avaient suivi deux week-ends de formation devant  leur permettre une réflexion de fond sur la révision de la lois. Mais était-il vraiment possible à ce panel d’apprécier la nécessité de poursuivre la recherche sur l’embryon si on lui a délivré une information tronquée par l’omission de la « méthode d’efficacité comparable » que représente la reprogrammation cellulaire ? Alors même que le gouvernement japonais vient d’attribuer à la recherche sur les cellules iPS 40 millions d'euros, quand 300 laboratoires y travaillent déjà dans le monde, pourquoi la France dissimule-t-elle une découverte de cette ampleur ?

Par peur de voir la recherche sur l’embryon définitivement interdite ? Mais alors, où est l’ « honnêteté intellectuelle » ? Par ignorance ? Ce serait rendre bien peu crédible la communauté scientifique française…Quoi qu’il en soit, si le Professeur Menasché redoutait que l'interdit de toucher à l’embryon ne pénalise la recherche, c’est bien plutôt le mépris des progrès enregistrés dans la reprogrammation cellulaire qui risque d’entraîner la pénalisation, voire le discrédit des chercheurs français…