20 ans après Dolly, le clonage



Il y a 20 ans, Dolly, première brebis issue du clonage, naissait. Depuis, « la science a beaucoup évolué sur cette question complexe ». « A grand bruit, surtout lorsqu’il s’agit d’animaux », constate Alexandra Henrion-Caude, généticienne et directeur de recherche à l’Inserm, et « parfois dans un silence totalement anormal, quand il s’agit de l’homme… ».

 

Depuis 1997, de nombreuses espèces animales ont été clonées, « avec des difficultés inégales qui restent mystérieuses » : « vaches, souris, chèvres, cochons, lapins, chats, rats, chevaux, mules et daims, buffle, chien, ferret, chameau ». Pour l’homme, les difficultés persistent. Une annonce frauduleuse de la secte Raël en 2002 soulève « un tollé de réactions adverses ». Mais lorsque, en 2013, des expériences de clonage chez l’homme sont publiées, c’est « le silence, assourdissant au regard de ce que cela représente pour l’homme ». La chercheuse s’étonne : « Comment expliquer qu’aucun média, ni aucune obédience religieuse n’ait réagi à ces premières expériences de clonage chez l’homme, pourtant validées entre 2013 et 2014 par trois équipes différentes ? ».

 

Ainsi la technique du « transfert nucléaire, donc du clonage, est pratiquée chez l’homme depuis 2013 ». Quel que soit le terme employé, clonage reproductif, thérapeutique ou technique, « tous reviennent à la création d’embryons sans reproduction sexuée ». Il s’agit d’une « néantisation de l’altérité et la création de vies au profit de soigner certains d’entre nous ». Pourtant, « pour soigner, un arsenal d’autres moyens existent dont l’étude n’est pas éthiquement problématique ».

 

En outre, « aucun scientifique ne peut prétendre savoir réellement à quelles dérives le clonage nous conduit ». Beaucoup « anticipent les grands désordres auxquels il peut nous conduire, sans oser le dire ». Pour Alexandra Henrion-Caude, une « Cour pénale internationale » permettrait de « dégager sans attendre un consensus  international de sagesse sur le besoin de stopper toute pratique du clonage humain ».

 


Sources: 

Atlantico, Alexandra Henrion-Caude (21/02/2017)