50% des enfants issus de PMA avec tiers-donneurs seraient mal dans leur peau



50% des enfants issus de PMA avec tiers-donneurs seraient mal dans leur peau. C’est le chiffre annoncé par le quotidien d’information belge l’Echo à l’occasion de la recension d’une pièce-documentaire réalisée par une journaliste et écrivain, ayant appris à 35 ans qu’elle était issue d’une PMA avec tiers donneur.

 

Le mal-être de ces enfants trouve notamment sa source dans les législations leur imposant « le secret de leurs origines » avec l’anonymat du donneur : les enfants issus du don voient leurs intérêts bafoués « pour protéger les parents (…) pour que vive le conte de fées ».

 

Mais ce n’est pas la seule origine de leur mal-être : ces personnes se sentent des « êtres humains à part » : « je suis une mutante de science-fiction, des filles comme moi cela n’existe pas », dit l’une d’elle à son psychanalyste.

 

Devenus adultes ces enfants développent des peurs comme « celle de faire une rencontre incestueuse, celle d’être jugé, celle de blesser leur ‘père social’, celle de développer une maladie génétique inconnue ».

 

Ils développent pour certains des « troubles d’ordre psychologique : perte de confiance, (…) sentiment de ne pas être compris des autres, (…) besoin de combler un trou dans la filiation. (…) D’autres enfants souffrent d’une pression lourde mise sur leurs épaules. Ils sont placés sur un piédestal, comme un trophée (…) mais parfois, ils en chutent aussi ». Tel cet enfant que sa mère souhaitait répudier car il n’était pas celui dont elle avait rêvé.

 

Enfin, la « pression peut aussi mener à des constructions faussées de personnalité (…). L’enfant, en voulant se conformer aux attentes, ne développe pas sa vraie personnalité. A l’adolescence, cela mène à des tensions, de la tristesse, de la dépression ».


Sources: 

L’écho, Nathalie Bamps, 18 avril 2020

Recension par Olivia Sarton, auteur de « PMA, ce qu'on ne vous dit pas" (ed Tequi)