Améliorer la survie du cœur hors du corps : un projet de recherche français



Un projet français, Inovagraft, soutenu par la Fondation pour la recherche médicale, vise à allonger la durée de vie du cœur hors du corps, dans un contexte de greffe. René Ferrera qui dirige la recherche espère atteindre « vingt heures de conservation, ce qui permettrait de faire voyager cet organe d’un continent à l’autre ».

 

Actuellement, « un cœur prélevé en vue d’une greffe est conservé dans un container en plastique contenant un liquide physiologique » entouré de glace. Dans ces conditions, il survit entre quatre et six heures. Afin de multiplier par quatre ce délai, René Ferrera et son équipe du laboratoire Car MeN ont mis au point une machine, Inovagraft, « un système en plastique transparent » au sein duquel l’organe est perfusé ; « un moteur permet de mettre en mouvement un liquide qui entre par l’aorte et irrigue ainsi tout le tissu cardiaque. Le liquide en question est mélange qui contient une quinzaine de composants. Certains sont des nutriments, d’autres luttent contre d’éventuels dégâts liés à l’ischémie, c’est-à-dire des lésions dues au manque d’oxygène, et notamment le risque d’œdème ».

 

Après avoir été testé sur des cœurs de cochons, le dispositif va être amélioré : la seconde version « renfermera des capteurs permettant de mesurer en temps réel la concentration, dans le liquide, de certaines molécules produites par les cellules musculaires lorsqu’elles souffrent ». Elle sera adaptée pour passer l’organe à l’IRM, au scanner ou même à l’échographie, dans l’optique d’ « estimer les possibilités de transplantation à partir de cœurs « arrêtés », prélevés chez des personnes décédées d’un arrêt cardiaque [1]». En outre, « les chercheurs comptent identifier la température optimale de conservation » du cœur.

 

Enfin, l’entreprise de biotechnologie bretonne Hemarina, « qui met au point un sang artificiel à partir d’hémoglobine de vers marins » a passé un accord avec l’équipe pour « trouver un moyen d’apporter efficacement de l’oxygène aux cellules cardiaques lors du transport du greffon ».

 


[1] A ce jour, de telles transplantations ne sont pas réalisées en France.

 


Sources: 

Le Point, Anne Jeanblanc (16/09/2018)