Après le décès accidentel de leur fils, des Chinois réclament son sperme pour se fabriquer un nouvel héritier



Après un accident de ski à la prestigieuse école militaire de West Point aux Etats-Unis dans le Nord de l’Etat de New-York, Peter Zhu, un cadet de 21 ans d’origine chinoise, est déclaré en état de mort cérébrale. Immédiatement, ses parents réclament l’autorisation de faire prélever son sperme pour assurer une descendance mâle à la famille. « Sans aller chercher le sperme du corps de Peter, nous ne pourrons jamais aider Peter à réaliser son rêve de mettre au monde un enfant », ont-il expliqué au tribunal, ajoutant que cette opération était aussi nécessaire pour « des raisons culturelles profondément personnelles ». Raisons culturelles ? Peter était le seul garçon de sa génération, ses oncles ont eu des filles et n’ont pas eu le droit d’avoir d’autres enfants à cause de la loi de l’enfant unique. « Quand Peter est né, son grand-père a pleuré de joie qu'un fils soit né pour porter le nom de notre famille. Peter a pris ce rôle très au sérieux et il était bien décidé à perpétuer la lignée de notre famille par le biais de ses propres enfants ».

 

La Cour Suprême et les médecins ont accepté la demande des parents, malgré les réserves des bioéthiciens : en effet, la demande ne vient même pas d’une conjointe. « Normalement, ce ne sont pas vos parents qui décident du moment où vous aurez vos enfants », déplore le bioéthicien Art Caplan. Le guide d'éthique publié l'année dernière par l’American Society for Reproductive Medicine précise qu’ « en l'absence d'instructions écrites du défunt », il faut « refuser les demandes », car « les désirs des parents ne leur confère pas le droit de prétendre éthiquement aux gamètes de leur enfant ».

 

La décision définitive sera prise le 21 mars prochain.

 

Pour aller plus loin :

En Chine, un petit garçon nait par GPA quatre ans après le décès de ses parents

Des grands-parents fabriquent un enfant à partir du sperme prélevé sur leur fils décédé

En Inde, des médecins refusent de prélever le sperme d'un patient en état de mort cérébrale

Au Royaume-Uni, un juge autorise le prélèvement du sperme d’un homme mourant en vue d’une FIV

Australie : La Cour Suprême du Quennsland donne le droit à une jeune femme d'utiliser le sperme de son ami décédé

Fabrication d'enfant post-mortem : en Israël, la Cour d'appel dit non

Insémination post-mortem : son mari assassiné, la jeune femme demande une FIV


Sources: 

BioEdge, Michael Cook (10/03/2019) - Parents request sperm retrieval from brain-damaged West Point cadet

BioEdge, Michael Cook (10/03/2019) - Parents request sperm retrieval from West Point cadet

Photo : Pixabay/DR