Bibliographie de la bioéthique

La robotique et l’intelligence artificielle

macheron Transhumanisme
Editions Fidélité : https://www.editionsjesuites.com/fr/recherche?controller=search&orderby=dateparu...
Avril 2020
144 pages
Professeur à l’université de Namur, docteur en philosophie et en sciences physiques, Dominique Lambert offre avec ce numéro de la collection Que penser de… ? une présentation claire et concrète des problématiques posées par le développement de la robotique et de l’intelligence artificielle. Commençant par une présentation de ce que sont les robots, l’intelligence artificielle et leurs emplois actuels, il développe ensuite une analyse des questions liées à leur recours de plus en plus important dans nos sociétés. Pour lui, l’enjeu se situe essentiellement dans le fait que si l’on se sert de ces outils à mauvais escient, par idéologie ou inconscience, on finit pas en devenir esclave. Il ne rejette pas pour autant en bloc l’usage des nouvelles technologies, et c’est un des mérites de ce livre que de présenter les atouts offerts par les robots et l’intelligence artificielle dans différents domaines, notamment juridique et militaire, souvent caricaturés. Mais il montre bien qu’utiliser le vocabulaire de « l’intelligence artificielle » sans discernement, sans réfléchir au sens des termes, conduit à conclure que la prétendue intelligence artificielle est réellement assimilable à l’intelligence humaine. Aussi, il dénonce deux erreurs graves de l’idéologie transhumaniste : l’une est de croire que le modèle est la réalité, que l’artificiel peut remplacer le réel. L’autre est de réduire l’humain à la mesure de son invention, en réduisant l’intelligence humaine au système de calcul qu’est l’intelligence artificielle. C’est bien ainsi que nos sociétés peuvent finir par se laisser dominer par leurs inventions, voulant remplacer l’humain par des machines dans des domaines où les machines ne pourront, par leur nature même, jamais égaler la capacité humaine à créer. A lire pour tous ceux qui ne sont pas convaincus par des optimistes béats sans percer les failles de leurs raisonnements.   Pour aller plus loin : Intelligence artificielle et médecine, le miroir aux alouettes ? Intelligence artificielle : la conquête d’un marché du corps humain

Les sacrifiés de la recherche

Lucie Pacherie et Mariette Guerrien Embryon: recherche et alternatives
https://www.pgderoux.fr/fr/Accueil.htm : https://www.pgderoux.fr/fr/Accueil.htm
Mars 2020
256 pages
L’embryon humain obsède, fascine, gêne, exaspère. Il est « le » sujet des lois de bioéthique depuis leur origine. Et en 2020, le projet de loi de bioéthique ne fera pas exception.   Dès 1994 avec les premières lois de bioéthique et depuis dix ans engagés dans des contentieux contre des autorisations de recherche sur l’embryon, la Fondation Jérôme Lejeune a réuni une expertise unique que les auteurs, Mariette Guerrien et Lucie Pacherie, toutes deux juristes de cette fondation, présentent dans un livre qui s’avère être un essai incontournable pour décrypter le devenir de l’humanité dans les prochaines années. En effet, l’embryon humain est la forme la plus jeune de l’espèce humaine, et l’avenir qui lui est réservé concerne chacun. Car c’est à l’aune de notre façon de le traiter que se mesure la considération que nous avons collectivement de l’homme.   A quoi nous conduit la recherche sur l’embryon humain organisée depuis 15 ans en France ? A qui profite cette recherche ? Quelles sont les orientations de celle-ci pour les années à venir ? Quels sont les institutions ou juridictions qui ont cautionné cette recherche malgré les alternatives existantes ? Quels sont les résultats de cette recherche ? Quelles est la réalité de la recherche sur les cellules souches non embryonnaires ? Autant de questions auquel ce livre propose une réponse.   Evoquant l’inutilité des travaux qui ont pris pour cible l’embryon humain, Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Lejeune qui a préfacé ce livre, écrit : « L’embryon humain est pour la recherche une prise de guerre qui s’obstine à ne pas parler ».   Ce livre argumenté, documenté est une source d’information irremplaçable pour tous ceux qui cherchent à comprendre les enjeux bioéthiques et anthropologiques d’aujourd’hui.   Pour le recevoir, envoyez un email pour le commander à l'adresse suivante : donateurs@fondationlejeune.org. Prix : 20 €.  

Humanae vitae, une prophétie

Michel Aupetit Tous les autres thèmes
Editions Salvator : http://www.editions-salvator.com/A-27814-humanae-vitae.aspx
Février 2020
102 pages
Dans Humanae vitae, une prophétie, Mgr Aupetit n'entend pas simplement réhabiliter l'encyclique du pape Paul VI sur "le mariage et la régulation des naissances", si mal reçue au moment de sa parution en 1968. A travers cet opuscule, Mgr Aupetit va plus loin en soulignant la façon dont ce texte est un appel à redécouvrir l'altérité, à reconquérir notre liberté et à choisir de l'exercer de façon éclairée. Il adresse un appel à se réapproprier pleinement notre humanité. Cette "explication de texte" enrichie d’un double regard, celui du pasteur et celui du médecin met à la portée de tous le message longtemps méconnu d'Humanae vitæ. Et donne envie de le (re)découvrir.

Des vérités devenues folles

Salvator : http://www.editions-salvator.com/A-27267-des-verites-devenues-folles.aspx
Février 2020
192 pages
A une époque où règne le psittacisme du progrès et du prétendu sens de l’histoire, Rémy Brague propose une pensée résolument à contre-courant de ce conformisme intellectuel.   Sous un titre paraphrasant judicieusement la formule bien connue de Chesterton, c’est à une entreprise de reconstruction intellectuelle, morale et spirituelle que cet ouvrage nous convie.   En effet, il nous rappelle que le « projet » moderne est fondé sur trois vérités devenues folles, au sens de dénaturées : la Création sans Dieu, considérée comme une entité mathématique sans âme, et un magasin de richesses bon à piller ; la Providence sécularisée, qui régresse en un mythique Progrès, monstre de la pensée, déresponsabilisant et sans réelle consistance ; le pardon sans puissance d’absolution, qui dégénère en repentance pathologique et prétendument historique. Cette triple folie consomme l’échec de ce projet, qui rend l’homme à sa solitude, dans un monde sans âme et sans parole, que l’on décrit, certes brillamment, mais sans parvenir à le comprendre réellement.   En réponse à ce constat inquiétant, Rémy Brague propose de revenir à un mode de pensée « médiéval », également appelé « pré-moderne », en ce sens qu’il n’abandonne pas l’idée de Création, dans laquelle la Parole créatrice, le « Logos » est à l’œuvre, et avec laquelle nous sommes appelés à converser. Pour notre auteur, c’est à ce prix que l’homme peut de nouveau « habiter » le monde reconnu comme créé ; c’est à ce prix qu’il renouera avec Dieu et ses semblables, et qu’il s’engagera dans une voie de « conservation-conversation-continuation », dans laquelle la science redeviendra un instrument au service de l’esprit et non plus une source d’illusions prométhéennes.   Cette vision dynamique inclut le respect de la Nature en tant que bien commun à préserver, la connaissance éclairée de l’histoire réelle et non fabriquée selon des dérives totalitaires type 1984 ; elle s’oppose à la barbarie moderne, liée à la dégradation du langage, donc à la violence, comme au déclin des libertés. Rémy Brague propose un chemin de retour à « Athènes et Jérusalem », considérées comme les deux matrices de notre pensée occidentale, avec le souverain Bien de Platon et d’Aristote, et l’enseignement primordial de la Genèse : « Et Dieu vit que cela était bon ». Ce chemin est également un retour à la vraie civilisation qui promeut les vertus cardinales plutôt que les « valeurs » démonétisées des sociétés modernes, la famille plutôt que l’individu roi et objet de marché, et par-dessus tout l’observation du « commandement divin fondamental : ‘ Sois’ ! ».   C’est véritablement une révolution au sens de retournement, qui nous est proposée ici, avec des arguments forts, propices à la méditation, et, pourquoi pas, au mûrissement de projets de renouveau politique.

A la vie !

L'homme étoilé Fin de vie
Calmann-Lévy : https://calmann-levy.fr/livre/lhomme-etoile-la-vie-9782702167328
Janvier 2020
190 pages
Avec « A la vie ! », l’homme étoilé, l’infirmier et illustrateur phénomène qui compte plus de 110 000 abonnés à son compte Instagram, offre une plongée réjouissante et atypique dans les soins palliatifs. Avec délicatesse et une très grande humanité, il raconte en blanc et bleu son quotidien auprès des malades. A sa suite, on entre dans la chambre de Roger qui ne veut pas parler de ce qui lui arrive, de Mathilde qui lui apprend le suédois, on bloque avec lui au seuil de la chambre de Marie, ou encore, on se laisse adopter par Nanie qui devient sa grand-mère et qu’il aide « à tisser de derniers liens avant de se détacher complètement ».   Au fil des pages, on s’émeut du très grand cœur de cet homme qui sait « ajouter de la vie aux jours à défaut d’ajouter des jours à la vie ». Un livre à lire pour voir la fin de vie côté bonheur, tendresse et réapprivoiser la mort. 

L'intérêt supérieur de l'enfant

Collectif PMA-GPA
http://www.librairietequi.com/A-66517-l-interet-superieur-de-l-enfant.aspx
Novembre 2019
304 pages
Du droit protecteur au caprice égoïste. « Celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux qu’on lui attachât au cou la meule qu’un âne tourne et qu’on le précipitât au fond de la mer… » Par cette citation de saint Matthieu, le cardinal Rodé, donne l’esprit de cet ouvrage dirigé par le Pr Joël Benoît d’Onorio avec la participation de six  juristes catholiques. C’est un livre précieux non seulement à lire, mais aussi à conserver et à partager. En effet, dans une conjoncture dominée par un nominalisme insidieux et menacée par un individualisme galopant, il est essentiel de se donner les moyens de juger et d’apprécier les évolutions majeures de notre société. Il s’agit ici des droits de l’enfant ; or, une civilisation vaut ce que valent la protection et les soins qu’elle apporte à ses enfants, à leur éducation, à leur protection ; nous sommes issus d’une très ancienne tradition chrétienne qui a influencé fortement notre politique et nos institutions, et notre droit en a été profondément imprégné. Il en a résulté au fil du temps un corpus juridique respectueux et protecteur de l’enfant. Les auteurs de cet ouvrage explorent des domaines aussi différents que le droit civil, la bioéthique, le droit de la santé, le droit pénal, le droit international ; tous nous montrent que les dispositions protectrices s’effritent, et que l’enfant est menacé dès sa conception, dans son éducation, et même dans les cas où sa santé est compromise et sa vie physique et morale est en danger. Il apparaît, sous la plume de ces spécialistes, que le droit est peu à peu dévoyé sous l’action de la jurisprudence délétère des plus hautes instances nationales telles que le Conseil d’Etat, la Cour de Cassation, à l’imitation docile des instances internationales telles que la Cour Européenne des droits de l’Homme, et les divers comités de Nations Unies. Les décisions de ces cours malfaisantes sont préparées et relayées par le matérialisme ambiant, la culture du caprice, une vision réifiée du fœtus, la remise en cause répétée de l’objection de conscience, et, d’une manière générale, l’exaltation d’un individualisme immature favorisé par une baisse significative de la rigueur intellectuelle à tous les niveaux, y compris les plus hauts niveaux politiques. Ce n’est pas seulement le sort de l’enfant dans notre société qui est en jeu, c’est l’avenir de notre civilisation toute entière qui est ici mis en question, avec honnêteté et pertinence.  

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