Bibliographie de la bioéthique

Made in Labo - De la procréation artificielle au transhumanisme

Dominique Folscheid Transhumanisme
Le Cerf : https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/18697/made-in-labo
Septembre 2019
pages
Nous vivons une profonde crise anthropologique. En 1968, la grande question était : « Comment faire l’amour sans faire d’enfants ? ». Elle s’est retournée depuis 1978, année de naissance du premier bébé-éprouvette, en : « Comment faire des enfants sans faire l’amour ? » – révolution inouïe au regard de l’histoire de l’humanité. La fabrication de ce bébé, conçu hors du corps humain, a peut-être ouvert la boîte de Pandore. Devenu accessible, notre génome est aussi devenu manipulable, modifiable, en attendant que les adeptes du transhumanisme le réécrivent pour produire un homme nouveau, un « posthumain » libéré des tares de notre condition, limitée et mortelle. Preuve est ainsi faite que l’engendrement, qui assure la transmission par la filiation, fait obstacle à la création. Celle de l’individu par lui-même, comme celle de la « posthumanité » rêvée. C’est cette effroyable dérive de notre civilisation que Dominique Folscheid analyse, alliant comme personne connaissance scientifique et réflexion philosophique.  Un essai percutant, pour combattre dès aujourd’hui les cauchemars de demain.

Mamma m'IA

Anne Caroline Paucot et Olivier Pelletier Transhumanisme
Massot Editions : https://www.amazon.fr/MAMMA-MIA-Bienvenue-r%C3%A9alit%C3%A9-augment%C3%A9e/dp/B0...
Mai 2019
64 pages
« Bienvenue dans la réalité augmentée ! ». Les éditions Massot proposent une bande dessinée originale qui plonge, en huit tableaux différents, dans le futur et immerge le lecteur dans les affres engendrées par l’intelligence artificielle. Engendré… justement… dès la première aventure, un couple fait tourner l’ordinateur à la recherche de l’enfant parfait : « Mais sérieux, c’est quoi les avantages de la PMIA ? ». Procréation, fin de vie, robots, personnes âgées mais aussi rapport à notre corps, à notre santé : « Fini de mourir tous les deux jours alors ? », à l’amour… les thèmes sont multiples et invitent chaque fois à la réflexion. Finalement, le monde de l’Intelligence artificielle qu’on nous promet est-il le meilleur des mondes ?

Le corps des transhumains

Vincent Calais et Stanislas Deprez Transhumanisme
Editions Erès : https://www.editions-eres.com/ouvrage/4371/le-corps-des-transhumains
Avril 2019
pages
En route vers « l’abhumanisme ». Ce néologisme que nous devons à Jacques Audiberti désigne l’état de l’humanité caractérisé par le refus de l’acceptation globale de notre condition, pour devenir un autre choisi souverainement. Nous assistons en effet à un phénomène inédit caractérisé par la rapidité des évolutions scientifiques et techniques, et l’obsolescence apparente des anciens repères philosophiques et religieux. Telle est la voie du transhumanisme, qui ne concerne pas seulement les esprits, mais les corps dont on prétend maîtriser le devenir à l’aide des sciences et techniques. Au bout du processus, l’humain futur qui se dessine est un être hybride et protéiforme, capable de choisir ses avatars, comme fait la pieuvre. L’abhumanisme, c’est le résultat de « la sortie de route » de l’humanité ordinaire, le triomphe de l’individualisme, dans une perspective conçue comme  infinie, sans vieillesse et sans mort.   Cet ouvrage rédigé par neuf auteurs différents nous propose une analyse riche et nuancée du phénomène transhumain dans ses multiples aspects. L’auteur nous incite au fil des chapitres à réfléchir sur le devenir de l’homme d’aujourd’hui et de demain, confronté à la course prodigieuse de la cybernétique, des neurosciences, des nanotechnologies, derrière lesquelles la philosophie et la morale semblent perdre prise.

Leurre et malheur du transhumanisme

Olivier Rey Transhumanisme
Desclée de Brouwer : https://www.editionsddb.fr/livre/fiche/leurre-et-malheur-du-transhumanisme-97822...
Novembre 2018
196 pages
Si c'est au nom d'un futur toujours meilleur que le monde a été transformé en un chantier permanent, nous sommes arrivés au stade où le rapport entre les bénéfices du développement et ses nuisances s'avère de plus en plus défavorable. La perte de confiance dans le progrès doit alors être compensée par une inflation de ce qu'il est censé apporter : plus le monde va mal et menace de s'écrouler, plus il faut abreuver les populations de promesses exorbitantes.   Tel est le rôle du Transhumanisme - et peu importe que ce qu'il annonce ne soit pas destiné à se réaliser. Lui accorder trop d’importance, c’est se laisser captiver par un leurre. Faudrait-il refuser d’y prêter attention ? Cela n’est pas si simple. Le transhumanisme nous trompe parce qu’il joue en nous sur des ressorts puissants. Se donner une chance de désamorcer la fascination qu’il exerce et le malheur qu’il propage, réclame de mettre au jour ce qui nous rend si vulnérables à ses illusions.   Pour lire l’interview de l’auteur : Olivier Rey : « L’artificialisation de la procréation et le transhumanisme sont en ‘synergie’ »

L’intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle – Anatomie d’un antihumanisme radical

Eric Sadin Transhumanisme
Editions L’Echappée : https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/intelligence-artificiel...
Octobre 2018
304 pages
Faisant référence au titre de Jacques Ellul, La Technique ou l’enjeu du siècle, qui critiquait en 1954 l’assujettissement de l’homme à la technique, Eric Sadin livre une critique virulente de l’idéologie sous-jacente au développement de l’intelligence artificielle dans nos sociétés. S’attaquant au discours messianiques et lénifiants des grands chefs d’entreprise du monde de l’économie numérique ou des hommes politiques, il montre en quoi l’intelligence artificielle est l’aboutissement de l’entreprise libérale de la marchandisation de l’homme. Le principe d’une intelligence artificielle étant à la fois d’énoncer un diagnostic après l’analyse de données (ce qu’il appelle « énoncer la vérité ») et de proposer une action optimale à mener en fonction de ce diagnostic, le risque de cette technologie est d’amener l’homme à renoncer volontairement à sa capacité de décision, à son autonomie, et à se conformer à un système économique qui le pousse à se transformer en consommateur béat, dans « l’ignominie d’une société des loisirs perpétuels ». Selon l’auteur en effet, l’ultralibéralisme économique trouve son achèvement avec l’intelligence artificielle qui lui permet progressivement de substituer la machine à l’homme au travail, non seulement dans les entreprises, mais aussi dans les organisations non marchandes : médecine, justice, défense. Il y voit non seulement un affront à la dignité humaine par la négation de la singularité de la personne, remplacée par des algorithmes, mais surtout l’avènement de la fin de l’histoire promue par la fin du politique, devenu management prédictif de sociétés calquées sur le marché.   On ne peut que se sentir alerté par une telle analyse, qui s’appuie sur des faits et expérimentations actuels. Selon l’auteur, la technique n’est pas neutre, et son usage dans ce cas particulier ne peut qu’être néfaste. Mêlant parfois l’analyse de l’idéologie ultralibérale et celle des systèmes techniques, il a tendance à voir l’intelligence artificielle comme un outil homogène dont la performance est destinée à s’améliorer sans cesse, se montrant par conséquent un peu caricatural.  Sa description de l’emploi d’intelligences artificielles pour les systèmes militaires se réduit par exemple à une critique sommaire des « robots-tueurs », ignorant de nombreux domaines où l’apport technique devrait apporter des avantages appréciables. Enfin, sa vision très pessimiste d’un monde soumis au monopole de quelques entreprises géantes du numérique ne reconnaît pas assez que certaines promesses des promoteurs de l’intelligence artificielles restent aujourd’hui hypothétiques, et que la performance de systèmes dits « larges » (au champ d’action élargi à des activités complexes) n’est pas garantie aujourd’hui.   Enfin, ses propositions de lutte contre la mise en place de l’intelligence artificielle dans de nombreux secteurs d’activité, si elles sont concrètes, applicables et sympathiques (lutte juridique pour faire respecter le droit du travail, modification des habitudes de consommation individuelle, promotion de la précision de la langue en opposition à la « novlangue » à la mode…), restent fondées sur une conception de la dignité humaine issue des philosophies des Lumières. L’auteur définit l’humanisme que nous devrions défendre « comme celui qui nous enjoint de cultiver nos capacités, seules à même de nous rendre pleinement maîtres de nos destins ». L’antihumanisme d’un projet techno-libéral ambitionnant de supprimer l’incertitude du monde et d’optimiser le fonctionnement des sociétés dans une logique de profit devrait donc être contré par la promotion de la créativité humaine « favorisant l’éclosion d’une infinité de possibles ». L’absence manifeste de toute allusion à la transcendance et la recherche volontaire d’un certain relativisme politique et social fait perdre de sa force au chapitre sur les solutions possibles.   Eric Sadin nous livre une analyse décapante des dessous de la technique, mais les remèdes qu’il propose nous laissent sur notre faim. Recoverable fatal error : Argument 1 passed to xmlsitemap_node_create_link() must be an instance of stdClass, boolean given, called in /home/webs/genethique.org/html/sites/all/modules/contrib/xmlsitemap/xmlsitemap_node/xmlsitemap_node.module on line 28 and defined dans xmlsitemap_node_create_link() (ligne 194 dans /home/webs/genethique.org/html/sites/all/modules/contrib/xmlsitemap/xmlsitemap_node/xmlsitemap_node.module). Recoverable fatal error : Argument 1 passed to xmlsitemap_node_create_link() must be an instance of stdClass, boolean given, called in /home/webs/genethique.org/html/sites/all/modules/contrib/xmlsitemap/xmlsitemap_node/xmlsitemap_node.module on line 28 and defined dans xmlsitemap_node_create_link() (ligne 194 dans /home/webs/genethique.org/html/sites/all/modules/contrib/xmlsitemap/xmlsitemap_node/xmlsitemap_node.module).

Louis et le bonheur pour tous

Christine Voegel-Turenne Transhumanisme
Téqui : http://www.librairietequi.com/A-64876-louis-et-le-bonheur-pour-tous.aspx
Octobre 2018
251 pages
Ce roman d’aventures ouvre les yeux du lecteur sur le monde dans lequel nous sommes en train de glisser : un monde individualiste où les désirs des « sujets » sont assouvis sans délai, où le moindre stress est éliminé par cure dans un Centre de bonheur pour tous, et toute angoisse durable épargnée grâce aux services d’euthanasie. Un univers où le tuteur électronique de chaque individu concentre toutes les capacités des objets connectés pour lui épargner de penser. Une société où chaque sujet se doit d’être un « froeur » universel, « non pas proche de son voisin mais d’une communauté désincarnée aux contours vagues ». Christine Voegel-Turenne éclaire ses lecteurs sur les conséquences de nos choix actuels face aux biotechnologies. Une lecture indispensable en cette année de révision de la loi de bioéthique !   Louis et le bonheur pour tous est la suite de Louis et la fabrique d'un autre genre; ils peuvent cependant se lire indépendamment.  

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