Bibliographie de la bioéthique

Humanae vitae, une prophétie

Michel Aupetit Tous les autres thèmes
Editions Salvator : http://www.editions-salvator.com/A-27814-humanae-vitae.aspx
Février 2020
102 pages
Dans Humanae vitae, une prophétie, Mgr Aupetit n'entend pas simplement réhabiliter l'encyclique du pape Paul VI sur "le mariage et la régulation des naissances", si mal reçue au moment de sa parution en 1968. A travers cet opuscule, Mgr Aupetit va plus loin en soulignant la façon dont ce texte est un appel à redécouvrir l'altérité, à reconquérir notre liberté et à choisir de l'exercer de façon éclairée. Il adresse un appel à se réapproprier pleinement notre humanité. Cette "explication de texte" enrichie d’un double regard, celui du pasteur et celui du médecin met à la portée de tous le message longtemps méconnu d'Humanae vitæ. Et donne envie de le (re)découvrir.

Des vérités devenues folles

Salvator : http://www.editions-salvator.com/A-27267-des-verites-devenues-folles.aspx
Février 2020
192 pages
A une époque où règne le psittacisme du progrès et du prétendu sens de l’histoire, Rémy Brague propose une pensée résolument à contre-courant de ce conformisme intellectuel.   Sous un titre paraphrasant judicieusement la formule bien connue de Chesterton, c’est à une entreprise de reconstruction intellectuelle, morale et spirituelle que cet ouvrage nous convie.   En effet, il nous rappelle que le « projet » moderne est fondé sur trois vérités devenues folles, au sens de dénaturées : la Création sans Dieu, considérée comme une entité mathématique sans âme, et un magasin de richesses bon à piller ; la Providence sécularisée, qui régresse en un mythique Progrès, monstre de la pensée, déresponsabilisant et sans réelle consistance ; le pardon sans puissance d’absolution, qui dégénère en repentance pathologique et prétendument historique. Cette triple folie consomme l’échec de ce projet, qui rend l’homme à sa solitude, dans un monde sans âme et sans parole, que l’on décrit, certes brillamment, mais sans parvenir à le comprendre réellement.   En réponse à ce constat inquiétant, Rémy Brague propose de revenir à un mode de pensée « médiéval », également appelé « pré-moderne », en ce sens qu’il n’abandonne pas l’idée de Création, dans laquelle la Parole créatrice, le « Logos » est à l’œuvre, et avec laquelle nous sommes appelés à converser. Pour notre auteur, c’est à ce prix que l’homme peut de nouveau « habiter » le monde reconnu comme créé ; c’est à ce prix qu’il renouera avec Dieu et ses semblables, et qu’il s’engagera dans une voie de « conservation-conversation-continuation », dans laquelle la science redeviendra un instrument au service de l’esprit et non plus une source d’illusions prométhéennes.   Cette vision dynamique inclut le respect de la Nature en tant que bien commun à préserver, la connaissance éclairée de l’histoire réelle et non fabriquée selon des dérives totalitaires type 1984 ; elle s’oppose à la barbarie moderne, liée à la dégradation du langage, donc à la violence, comme au déclin des libertés. Rémy Brague propose un chemin de retour à « Athènes et Jérusalem », considérées comme les deux matrices de notre pensée occidentale, avec le souverain Bien de Platon et d’Aristote, et l’enseignement primordial de la Genèse : « Et Dieu vit que cela était bon ». Ce chemin est également un retour à la vraie civilisation qui promeut les vertus cardinales plutôt que les « valeurs » démonétisées des sociétés modernes, la famille plutôt que l’individu roi et objet de marché, et par-dessus tout l’observation du « commandement divin fondamental : ‘ Sois’ ! ».   C’est véritablement une révolution au sens de retournement, qui nous est proposée ici, avec des arguments forts, propices à la méditation, et, pourquoi pas, au mûrissement de projets de renouveau politique.

A la vie !

L'homme étoilé Fin de vie
Calmann-Lévy : https://calmann-levy.fr/livre/lhomme-etoile-la-vie-9782702167328
Janvier 2020
190 pages
Avec « A la vie ! », l’homme étoilé, l’infirmier et illustrateur phénomène qui compte plus de 110 000 abonnés à son compte Instagram, offre une plongée réjouissante et atypique dans les soins palliatifs. Avec délicatesse et une très grande humanité, il raconte en blanc et bleu son quotidien auprès des malades. A sa suite, on entre dans la chambre de Roger qui ne veut pas parler de ce qui lui arrive, de Mathilde qui lui apprend le suédois, on bloque avec lui au seuil de la chambre de Marie, ou encore, on se laisse adopter par Nanie qui devient sa grand-mère et qu’il aide « à tisser de derniers liens avant de se détacher complètement ».   Au fil des pages, on s’émeut du très grand cœur de cet homme qui sait « ajouter de la vie aux jours à défaut d’ajouter des jours à la vie ». Un livre à lire pour voir la fin de vie côté bonheur, tendresse et réapprivoiser la mort. 

L'intérêt supérieur de l'enfant

Collectif PMA-GPA
http://www.librairietequi.com/A-66517-l-interet-superieur-de-l-enfant.aspx
Novembre 2019
304 pages
Du droit protecteur au caprice égoïste. « Celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux qu’on lui attachât au cou la meule qu’un âne tourne et qu’on le précipitât au fond de la mer… » Par cette citation de saint Matthieu, le cardinal Rodé, donne l’esprit de cet ouvrage dirigé par le Pr Joël Benoît d’Onorio avec la participation de six  juristes catholiques. C’est un livre précieux non seulement à lire, mais aussi à conserver et à partager. En effet, dans une conjoncture dominée par un nominalisme insidieux et menacée par un individualisme galopant, il est essentiel de se donner les moyens de juger et d’apprécier les évolutions majeures de notre société. Il s’agit ici des droits de l’enfant ; or, une civilisation vaut ce que valent la protection et les soins qu’elle apporte à ses enfants, à leur éducation, à leur protection ; nous sommes issus d’une très ancienne tradition chrétienne qui a influencé fortement notre politique et nos institutions, et notre droit en a été profondément imprégné. Il en a résulté au fil du temps un corpus juridique respectueux et protecteur de l’enfant. Les auteurs de cet ouvrage explorent des domaines aussi différents que le droit civil, la bioéthique, le droit de la santé, le droit pénal, le droit international ; tous nous montrent que les dispositions protectrices s’effritent, et que l’enfant est menacé dès sa conception, dans son éducation, et même dans les cas où sa santé est compromise et sa vie physique et morale est en danger. Il apparaît, sous la plume de ces spécialistes, que le droit est peu à peu dévoyé sous l’action de la jurisprudence délétère des plus hautes instances nationales telles que le Conseil d’Etat, la Cour de Cassation, à l’imitation docile des instances internationales telles que la Cour Européenne des droits de l’Homme, et les divers comités de Nations Unies. Les décisions de ces cours malfaisantes sont préparées et relayées par le matérialisme ambiant, la culture du caprice, une vision réifiée du fœtus, la remise en cause répétée de l’objection de conscience, et, d’une manière générale, l’exaltation d’un individualisme immature favorisé par une baisse significative de la rigueur intellectuelle à tous les niveaux, y compris les plus hauts niveaux politiques. Ce n’est pas seulement le sort de l’enfant dans notre société qui est en jeu, c’est l’avenir de notre civilisation toute entière qui est ici mis en question, avec honnêteté et pertinence.  

Euthanasie, l’envers du décor

Timothy Devos Fin de vie
Editions Mols - Autres regards : http://www.editions-mols.eu/publication.php?id_pub=191
Octobre 2019
240 pages
L’euthanasie est dépénalisée chez nos voisins belges depuis 2002 ; une loi, dans le but annoncé d’éradiquer les pratiques clandestines, définit un encadrement du processus de décision et de mise en œuvre, et peut exercer un contrôle a posteriori du respect de ses dispositions.   Le présent ouvrage se présente à la fois comme un état des lieux après dix-sept ans d’application effective de la loi de 2002, et comme un vibrant plaidoyer en faveur de l’objection de conscience et du respect de la vie.   Au long de neuf chapitres rédigés par des praticiens de spécialités variées, mais tous confrontés personnellement à l’euthanasie, nous partageons leurs expériences, leurs interrogations, leur souffrance même et aussi leurs belles convictions d’hommes et de femmes engagés au service de leurs patients. De nombreux témoignages concrets vivants et émouvants viennent illustrer leurs propos.   Signalons d’abord « l’effet euthanasie » dans le monde médical et parmi les patients ;  l’application d’une telle loi alimente la surenchère des revendications visant notamment à ériger l’euthanasie en droit inaliénable de l’individu ; simultanément, elle exerce un effet corrupteur dans les esprits et par voie de conséquence dans l’usage des antalgiques, des sédatifs et dans l’éthique des soins palliatifs ; du coup, l’objection de conscience est stigmatisée, et on assiste à une instrumentalisation du médecin par la société, et à la montée d’un paternalisme mortifère à l’égard des patients réputés « éligibles » à l’euthanasie.   En défense, l’ouvrage propose une éthique de respect de la vie fondée sur une démarche professionnelle  rigoureuse, sur la prise en compte du point de vue du patient, et la recherche d’un choix concerté pour son accompagnement, particulièrement en fin de vie ; le tout en privilégiant l’écoute et une relation de qualité avec le patient.   Allant plus loin encore, le docteur Beuselinck préconise de s’inspirer de la « quête du sens » du fondateur de la logothérapie, le médecin-philosophe viennois Viktor Frankl,  et notamment de ses trois catégories de raisons de vivre : sens de l’accomplissement, sens de l’amour, sens de la souffrance.   Cet ouvrage de haute tenue mais passionnant à lire est à recommander particulièrement aux futurs médecins et infirmiers, qui seront fatalement un jour confrontés la question de l’euthanasie.  

Made in Labo - De la procréation artificielle au transhumanisme

Dominique Folscheid Transhumanisme
Le Cerf : https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/18697/made-in-labo
Octobre 2019
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Nous vivons une profonde crise anthropologique. En 1968, la grande question était : « Comment faire l’amour sans faire d’enfants ? ». Elle s’est retournée depuis 1978, année de naissance du premier bébé-éprouvette, en : « Comment faire des enfants sans faire l’amour ? » – révolution inouïe au regard de l’histoire de l’humanité. La fabrication de ce bébé, conçu hors du corps humain, a peut-être ouvert la boîte de Pandore. Devenu accessible, notre génome est aussi devenu manipulable, modifiable, en attendant que les adeptes du transhumanisme le réécrivent pour produire un homme nouveau, un « posthumain » libéré des tares de notre condition, limitée et mortelle. Preuve est ainsi faite que l’engendrement, qui assure la transmission par la filiation, fait obstacle à la création. Celle de l’individu par lui-même, comme celle de la « posthumanité » rêvée. C’est cette effroyable dérive de notre civilisation que Dominique Folscheid analyse, alliant comme personne connaissance scientifique et réflexion philosophique.  Un essai percutant, pour combattre dès aujourd’hui les cauchemars de demain.

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