Bibliographie de la bioéthique

Louis et le bonheur pour tous

Christine Voegel-Turenne Transhumanisme
Téqui : http://www.librairietequi.com/A-64876-louis-et-le-bonheur-pour-tous.aspx
Octobre 2018
251 pages
Ce roman d’aventures ouvre les yeux du lecteur sur le monde dans lequel nous sommes en train de glisser : un monde individualiste où les désirs des « sujets » sont assouvis sans délai, où le moindre stress est éliminé par cure dans un Centre de bonheur pour tous, et toute angoisse durable épargnée grâce aux services d’euthanasie. Un univers où le tuteur électronique de chaque individu concentre toutes les capacités des objets connectés pour lui épargner de penser. Une société où chaque sujet se doit d’être un « froeur » universel, « non pas proche de son voisin mais d’une communauté désincarnée aux contours vagues ». Christine Voegel-Turenne éclaire ses lecteurs sur les conséquences de nos choix actuels face aux biotechnologies. Une lecture indispensable en cette année de révision de la loi de bioéthique !   Louis et le bonheur pour tous est la suite de Louis et la fabrique d'un autre genre; ils peuvent cependant se lire indépendamment.  

Gestation pour Autrui - Manuel pour les jeunes

Fondation Jérôme Lejeune PMA-GPA
Fondation Lejeune : https://www.fondationlejeune.org/nouveau-manuel-gpa-commandez-le-gratuitement/
Septembre 2018
96 pages
Autour des débats sur « PMA pour toutes » qui se tiennent dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique, la GPA s’immisce dans le débat public. On parle d’une « GPA éthique », on évoque une pratique solidaire qui pallierait l’infertilité médicale de certains couples.   Si l’on en croit les sondages, le rapport de la société française à la GPA serait en train d’« évoluer ». Pour comprendre les enjeux, sortir du slogan, appréhender l’impact de cette pratique sur les enfants et la société à venir, la Fondation Lejeune vient de publier un nouveau manuel consacré à cette question.   Après le manuel bioéthique des jeunes (500 000 exemplaires diffusés en France) et ceux sur l’euthanasie, la PMA et la théorie du genre en SVT, ce nouveau manuel de la Fondation Jérôme Lejeune ouvre au fil des pages sur la recomposition du monde que modèle la GPA sur tous les plans : familial, médical, sociétal, juridique, éthique.   Il s’adresse aux jeunes et aux éducateurs, formateurs, professeurs, parents et professionnels de la santé. Cet ouvrage illustré est assorti de citations et de témoignages.   Il est possible de se le procurer en ligne : recevoir gratuitement le manuel GPA par la poste. Bonne lecture !

Après l'IVG, des femmes témoignent

Marie Philippe IVG-IMG
Artège : https://www.editionsartege.fr/livre/fiche/apres-l-ivg-9791033603740
Mai 2018
202 pages
L’IVG, devenu un « non-sujet », un acte qu’il n’est plus question de singulariser, est-il vraiment sans conséquences ? A travers des témoignages recueillis sur le site ivg.net, ce livre montre une réalité difficile que notre société a du mal à entendre: celle de la douleur de la femme face à l’IVG. Alors que la « transparence » s’érige aujourd’hui en dogme, cette lecture rappelle que l’information délivrée aux femmes avant l’IVG est, à force de censure, incomplète. Ce livre est un appel à autoriser l’émergence de la parole sur les conséquences de l’avortement, pour accompagner ces femmes de façon adéquate.  

La PMA : un enjeu de société. Va-t-on enfin prendre les droits de l'enfant au sérieux ?

Aude Mirkovic PMA-GPA
Artège : https://www.editionsartege.fr/livre/fiche/la-pma-un-enjeu-de-societe-97910336068...
Mars 2018
176 pages
La PMA pour les femmes célibataires et les couples de femmes est l'une des mesures phare de la révision de la loi de bioéthique de 2011, et l'attente du public en la matière est forte. Mais, au moment d'envisager cette PMA non thérapeutique, la société doit choisir : jusqu'où voulons-nous aller avec ces techniques de procréation artificielle ? La PMA doit-elle demeurer une mesure d'exception, destinée à compenser un problème médical, ou devenir un mode habituel de procréation entraînant la société vers une nouveauté anthropologique, selon les termes du Comité consultatif national d'éthique ? Les Français qui se disent favorables à la PMA pour les couples de femmes et pour les femmes célibataires seraient-ils du même avis si la question leur était posée du point de vue de l'enfant : « pensez-vous que la loi doive organiser la conception d'enfants privés, délibérément et légalement, de père ? » Ce qui se joue désormais n'est pas seulement la PMA pour les femmes, mais un bouleversement majeur de la société qui ne saurait en rester aux cas individuels et à l'émotion qui s'en dégage. Il est urgent de mesurer ce que signifie exactement la PMA pour les femmes, pour en saisir les enjeux et prendre nos décisions en connaissance de cause. C'est le propos de ce livre.

Au péril de l'Humain

Jacques Testart Transhumanisme
Seuil : http://www.seuil.com/ouvrage/au-peril-de-l-humain-jacques-testart/9782021342994
Mars 2018
272 pages
« A partir de quel seuil un organe est-il augmenté ou seulement réparé ? A partir de combien de prothèses doit-on considérer qu’un homme n’est plus tout à fait « naturel » ? » « Qu’en sera-t-il de nos identités ? Comment parviendrons-nous à maintenir le sens de notre humanité ? » Dans son livre, Au péril de l’humain, Jacques Testart, biologiste et le père scientifique du premier bébé-éprouvette, évoque les nouveaux enjeux du transhumanisme.   La création d’un homme nouveau, un « cyborg », composé à moitié de chair et à moitié de matériaux, libéré des contingences humaines, n’est plus une utopie. Les récentes et exponentielles découvertes sont là qui l’atteste : opérations de la rétine, greffes d’implants, embryons modifiés, transfusions de sang jeune, exosquelettes, etc.. Jacques Testart explique en quoi cette révolution, issue d’un programme idéologique planifié qui attire un important marché d’investisseurs de Google à Airbus, pourrait créer un fossé entre des sociétés dites « évoluées », composées d’êtres humains « améliorés » ultra-performants, dotés d’implants leur permettant de multiples progrès : mémoire, vue, sens accrus,… dont le génome aura été modifié, et les autres humains qui auront refusé ces technologies. Ces-derniers seraient à la merci des premiers, dans un monde où la faiblesse est honnie au lieu d’être protégée. A ce tableau dévastateur pourrait s’ajouter le risque de dégâts sanitaires lié à « l’impuissance croissante des antibiotiques » et « à l’apparition de nouveaux germes et parasites à cause des changements climatiques ». Sans concessions, l’auteur invite à un sursaut car « sauf sursaut résolu et immédiat de l’humanité, tout cela risque de finir par un désastre anthropologique ».

Le tiers-corps, réflexion sur le don d’organes

Syliane Agacinski Don d'organes
Seuil : http://www.seuil.com/ouvrage/le-tiers-corps-sylviane-agacinski/9782021393590
Mars 2018
220 pages
« On parle de « pénurie d’organes » comme de pénurie d’essence ».   Dans son dernier livre Tiers-corps, Sylviane Agacinski, philosophe et épouse de Lionel Jospin, veut réveiller les consciences. Elle offre à son lecteur une réflexion à la fois philosophique et juridique sur le don d’organes. Le corps humain peut-il être considéré comme un bien marchand ? Peut-il s’acquérir ? Ou doit-il être considéré comme un bien « à part » du fait de sa spécificité ? L’ouverture d’un marché légal de greffes d’organes est-elle une solution « pour augmenter le nombre d’organes disponibles ? »... Cette dernière question interpelle. Si un tel marché n’a pas toujours été interdit en France (ventes de dents au XVIIIe siècle, ventes de sang jusque dans les années 1950), son principe a régulièrement été remis en cause - par les philosophes notamment - jusqu’à la consécration de la « dignité et de la valeur de la personne humaine » et du « respect dû au corps humain » (DUDH, article 16 du Code civil). « Dès lors que le corps des êtres humains est traité comme un bien marchand, le biomarché repose toujours sur les inégalités économiques entre les acteurs », observe-t-elle. Le scandale des trafics d’organes en Chine, aux Philippines ou encore en Inde en sont malheureusement la preuve. Par ailleurs, en France, le consentement au don n’est plus requis depuis la loi de modernisation de notre système de santé, adopté en 2016 : toute personne est présumée avoir donné son accord tant qu’il ne l’a pas refusé expressément. Pour l’auteur, il s’agit indéniablement d’un « recul de la pratique de don en tant que geste bénévole et volontaire ». Sylviane Agacinski dénonce une « approche quantitative du nombre de vies à sauver, qui risque de faire perdre de vue le sens et la valeur intrinsèque de l’existence humaine ».

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