Brésil : l’avortement en question devant la Cour Suprême de Brasilia



A la suite de l’Irlande, de l’Argentine et du Chili, des Brésiliens pro-avortement tentent de faire bouger la législation de leur pays. Au Brésil les femmes peuvent subir légalement une IVG dans trois cas : viol, danger pour la mère ou anencéphalie[1]. Selon une récente vidéo publiée par Human Rights Watch[2], qui milite pour la légalisation de l’avortement, les lois brésiliennes seraient « incompatibles avec les droits de l'homme ».

 

La question de la légalisation de l’avortement revient de nouveau sur le devant de la scène politique, avec une audience publique à la Cour suprême fédérale, convoquée du 3 au 6 août prochain par la ministre Rosa Weber. Cette audience se déroulera à Brasilia, dans le cadre d’appel de Rebeca Mendes Silva Leite qui a saisi la justice pour son IVG en 2017.

 

Les évêques brésiliens sont fortement mobilisés pour « ce moment grave que connaît le pays ». La Commission pour la pastorale et la famille de l’épiscopat brésilien a  réaffirmé la position très claire de l’Eglise: « défendre l'intégrité, l'inviolabilité et la dignité de la vie humaine, depuis sa conception jusqu'à la mort naturelle ». Le cardinal Orani João Tempesta, archevêque de Rio de Janeiro a déclaré qu’une loi dépénalisant l’avortement irait « à l’encontre de la Constitution brésilienne fondée sur  l'inviolabilité de la vie humaine ».

 

« Nous sommes en faveur de la culture de la vie, et en tant que citoyens, nous avons le droit de nous faire entendre », ont écrit les évêques dans une note de la Commission, intitulée « Avortement et démocratie ». Dans ce document, qui défend « la vie à chaque étape »,  on peut notamment lire qu’« il est urgent de lutter contre les causes de l'avortement » et que « l'Église aide les plus vulnérables des plus vulnérables, c’est-à-dire les enfants à naître sans défense ». Les évêques soulignent aussi « l'importance du débat parlementaire », rappelant que jusqu’ici la population a rejeté toutes les tentatives de légalisation de l'avortement de ces dernières années. Malgré cela, des propositions de loi persistent, «violant toutes les règles de la démocratie, car elles passent par une autorité judiciaire et non parlementaire», déplorent les évêques, « plaidant pour un retour du débat parlementaire sur ces questions ».

 

Le 2 août prochain, au pied de la monumentale statue du Cristo Corcovado de Rio, se tiendra la prière du chapelet de la Miséricorde Divine et toutes les cloches des églises de l'État de Rio sonneront pour attirer l'attention sur « ce moment grave que connaît le pays ».

 

[1] L'anencéphalie est une malformation congénitale du système nerveux. Elle correspond à l'absence partielle d'encéphale. Autrement dit, du contenu de la boîte crânienne : cerveau, cervelet, tronc cérébral et structures neurales. Sa prévalence à la naissance serait comprise entre 1 cas pour 5.000 et 1 cas pour 2.000


Sources: 

Brazil Reports, Sophie Foggin (31/07/2018)

Vatican News, Silvonei Protz (31/07/2018)

Photo : Pixabay/DR