Campagne vidéo "Chère future maman" : vives réactions face au CSA



La vidéo "Chère future maman" promue à l'occasion de la journée mondiale de la trisomie 21, le 21 mars dernier, a suscité un engouement sur internet et a été diffusée gratuitement par de grandes chaînes de télévision pour l'occasion. Réalisée par des associations internationales – notamment Coordown en Italie, la Fondation Jérôme Lejeune et le Collectif des Amis d’Eléonore pour la France – la vidéo a "fait le buzz". Pourtant, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) vient d'émettre un avis défavorable à l'encontre de cette campagne, à la suite de "plaintes de téléspectateurs". 

 

Dans sa décision, le CSA déclar que ce clip  "bien qu'ayant été diffusé à titre gracieux, ne peut pas être regardé comme un message d'intérêt général puisque, en s'adressant à une future mère, sa finalité peut paraître ambiguë et ne pas susciter une adhésion spontanée et consensuelle." Le site handicap.fr s'interroge: "Pas un 'message d'intérêt général' ?" Pourtant, ajoute le site internet, cette vidéo a "été vue plus de 5 millions de fois, faisant de cette campagne la plus partagée dans le monde pendant 24 heures".

 

Réagissant à cette décision, la Fondation Jérôme Lejeune s'insurge : "le CSA a choisi de limiter la liberté d'expression, en assumant le risque d'atténuer la portée d'un message accueillant vis-à-vis des enfants trisomiques." Mais elle estime qu' "à l'heure de la communication marquée par l'internationalisation, internet et les réseaux sociaux, cet avis est sans effet". 

 

Un avis du CSA qui a également révolté le Président du parti Chrétien-Démocrate et député des Yvelines, Jean-Frédéric Poisson. Ainsi, dans une lettre ouverte adressée au président du CSA, il déclare qu' "il est difficile de trouver, de la part d'un organisme officiel, censé opérer la régulation et maintenir l'équilibre, une réponse aussi carrément à côté de la plaque, et aussi faiblarde sur le plan juridique."

 

Pour J-F Poisson, le CSA "a failli a sa mission": "la mission qu'a le CSA de garantir le pluralisme vous intimait de rappeler à vos interlocuteurs que les personnes atteintes de trisomie ont les mêmes droits que les autres personnes: je veux dire le même droit de cité, le même droit à être vues, à être respectées, à être aidées, donc le droit aussi à ne pas être censurées quand elles sont montrées à la télévision." Et d'ajouter: "si vous deviez réprimander toutes les chaînes de télévision et de radio au motif qu'elles ne devraient pas diffuser des émissions 'qui ne sont pas susceptibles de provoquer une adhésion spontanée', je vous laisse imaginer les coupes claires qu'il faudrait opérer dans toutes les grilles de programmes ". Pour le député des Yvelines, "les Français sont en droit d'attendre de la plus haute autorité audiovisuelle de notre pays une attitude plus respectueuse du choix des familles qui acceptent d'accueillir dans leur sein des personnes dont la différence enrichit notre société, même si parfois, effectivement, elle peut en être désemparée".

 

Pour consulter la décision du CSA, cliquez-ici


Sources: 

Lacroix.fr (Flore Thomasset) 30/07/2014 - Handicap.fr 29/07/2014- Lefigaro.fr 29/07/2014