Chili : le Parlement vote l’euthanasie dès 14 ans



La Commission de la Santé de la Chambre des Députés du Chili a approuvé mardi l’ouverture de l’euthanasie aux adolescents dès l’âge de 14 ans. Cette indication, votée in extremis à 7 voix contre 6, faisait débat depuis plusieurs semaines au sein de la Commission et demeure décriée (cf. Chili : les souffrances psychiques permettront bientôt de demander l’euthanasie). Le Ministre de la Santé lui-même, Emilio Santelices, s’est exprimé peu après le vote pour afficher son désaccord : « Envisager l'euthanasie, c'est aboutir à un échec alors que nous avons des alternatives, a-t-il annoncé, au sein de l'exécutif, nous croyons que, en tant que société, nous devons aller en direction des soins et de l'accompagnement, et qu'il existe des moyens, des médicaments et toutes sortes de traitements pour une bonne mort », affirmant « défendre avec force », la « culture de la vie » au nom du gouvernement.

 

Le texte voté prévoit que les médecins devront informer les responsables légaux des adolescents de 16 à 18 ans, ces responsables ne pourront pas s’opposer. Quant aux jeunes âgés de 14 à 16 ans, ils devront obtenir l’autorisation d’au moins l’un de leurs responsables légaux, ou bien demander l’intervention d’un juge compétent en affaires familiales.

 

« Il est frustrant que la réponse donnée par l'Etat à un enfant qui souffre soit que le meilleur qui puisse lui arriver est qu’il mette fin à ses jours. Cela n'est pas compatible avec le respect de la dignité de tous les êtres humains et en particulier des enfants qui souffrent. C'est un échec de la médecine, c'est un échec des soins palliatifs et c'est un échec de l'État » a répété Jorge Acosta, représentant du Ministre de la Santé le jour du vote.

 

Pour aller plus loin :

Canada : Suicide assisté pour les mineurs, les pédiatres de plus en plus interrogés


Sources: 

La Tercera, Isabel Caro (07/05/2019) - Comisión de Salud de la Cámara aprueba eutanasia desde los 14 años con voto de diputado RN

Cooperativa (08/05/2019) - Ministro de Salud: "Plantear la eutanasia es darse por fracasado"