Clause de conscience des pharmaciens : sous la pression, l’Ordre renonce à « une consultation transparente et ouverte »



Suite à l’ « émoi et l’incompréhension suscités » par la « réflexion collective » initiée par l’Ordre des pharmaciens sur la clause de conscience (cf. Clause de conscience des pharmaciens : « l’affaire prend une dimension politique et idéologique »), le Bureau du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens suspend la procédure de consultation des pharmaciens sur le sujet (cf. L’Ordre des pharmaciens élabore son nouveau Code de Déontologie), et « demandera au Conseil réuni le 6 septembre prochain de ne pas maintenir en l’état le projet de clause de conscience ».

 

Le bureau du Conseil de l’Ordre considère que « le contexte actuel n’est plus propice à une réflexion éclairée et mesurée ». Il appelait à une « consultation transparente et ouverte » au sujet de l’ « intérêt à introduire une clause de conscience dans le prochain code de déontologie de la profession ». En effet « toutes les professions comportant des enjeux éthiques importants sont dotées d’une clause de conscience » (cf. Les clauses de conscience reconnues en France). Or parmi ces professions se trouvent les professions de santé, mais pas les pharmaciens. Mais les réactions du gouvernement, du planning familial et des associations féministes ont fait reculer l’instance ordinale.

 

L’Ordre des pharmaciens a toutefois tenu à rappeler son « engagement quotidien  pour le droit à la contraception », et ne « doute pas de la vigilance de la Ministre de la santé » pour défendre fermement « les droits des femmes à la contraception et à l’avortement ». Laurence Rossignol, ministre des Familles s’est « réjoui » de la suspension de la consultation, car elle « craint les organisations hostiles au droit des femmes à disposer de leur corps ».

 

Note Gènéthique : Clause de conscience du pharmacien : le débat est relancé