Vers une dépénalisation du clonage embryonnaire



Dans Liberté Politique, Pierre-Olivier Arduin, responsable de la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon revient sur le rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) qui préconise une dépénalisation du clonage embryonnaire.

Il rappelle que le clonage consiste à retirer le noyau d'une cellule adulte pour le transférer dans un ovocyte duquel on a retiré au préalable son matériel génétique. On déclenche artificiellement la formation de l'embryon. L'objectif annoncé de cette technique : obtenir des cellules souches immuno-compatibles pour une thérapie cellulaire individualisée.

Or, l'Agence de la biomédecine vient de rappeler dans son rapport, que personne à ce jour, n'a pu cultiver de lignées cellulaires humaines avec cette méthode. Même si certains y arrivaient, ces cellules endosseraient les inconvénients de toutes les cellules embryonnaires humaines : leur instabilité génétique et leur propension à former des tumeurs.

Par ailleurs, la proposition de l'OPECST ne tient pas compte de la découverte des cellules iPS (cf. Synthèse de presse du 21/11/2007) par le professeur Yamanaka, ces cellules issues de cellules adultes qui sont  pluripotentes (comme les cellules embryonnaires) et qui ne posent aucun problème éthique.

Pierre-Olivier Arduin s'interroge alors sur les motivations de l'OPECST : "est-ce pour étudier in vitro les pathologies humaines en obtenant des embryons clones de malades ?" Or d'après l'Institut des cellules souches de Harvard, les chercheurs seraient capables de créer via la technique de Yamanaka des outils cellulaires modélisant un large panel de maladies humaines.

C'est pourquoi Pierre-Olivier Arduin réclame que "soit instauré un climat d’honnêteté scientifique dans les débats à venir sans lequel toute réflexion bioéthique serait par avance biaisée."

Il explique que "sur le plan proprement juridique et éthique, le législateur a toujours refusé la création d’embryon in vitro à des fins de recherche qui signerait une réification sans retour de la vie humaine conçue". Par ailleurs, il rappelle que le clonage est contraire à la Convention européenne d'Oviedo du 19 novembre 1996 qui dispose que "la constitution d'embryons humains aux fins de recherche est interdite".

Enfin, Pierre-Olivier Arduin, dénonce les changements de terminologie. L'OPECST propose en effet d'employer l'expression "transposition nucléaire" au lieu de "clonage scientifique", ce qui "consiste à manipuler la réalité des faits en fonction des buts que l'on veut poursuivre".


Sources: 

Libertépolitique.com 05/12/08