Droit à la vie : l'objection de conscience des hommes politiques


L’objection de conscience, attestée depuis l’Antiquité, se pose avec une acuité nouvelle depuis la légalisation de l’avortement et de l’euthanasie. Si ces lois prévoient souvent une clause de conscience, Michel Schooyans rappelle, dans la Revue de la recherche juridique de janvier 2005, l’urgence de l’objection de conscience des hommes politiques "face à la conspiration contre la vie". (1)

 

Une responsabilité partagée

 

Après avoir éclairé la conscience morale des médecins, l’Eglise constate aujourd’hui combien il est urgent d’éclairer aussi la conscience morale des hommes politiques.

 

L’avortement et souvent l’euthanasie, s’opèrent aujourd’hui dans un réseau serré d’étroites complicités. Toute la chaîne des agents est solidaire dans l'organisation de ces morts programmées : du législateur au médecin, en passant éventuellement par le juge ; c’est à tous ces échelons qu’on doit être solidaire dans la dénonciation de cette culture de mort.

 

Le rôle des hommes politiques

 

Lorsque la loi met en péril le droit à la vie, l’objection de conscience apparaît, non comme une option héroïque, mais comme un devoir de tout homme politique chrétien et de tout citoyen. Dans l’encyclique Evangelium Vitae, Jean-Paul II rappelle les devoirs de l’homme politique : « Appelés à servir l’homme et le bien commun, les responsables de la vie publique ont le devoir de faire des choix courageux en faveur de la vie, surtout dans le domaine des dispositions législatives… Aussi je renouvelle avec vigueur mon appel à tous les hommes politiques afin qu’ils ne promulguent pas de lois qui, méconnaissant la dignité de la personne, minent à la racine la vie même de la société civile ».

 

Objection de conscience

 

Le devoir des hommes politiques chrétiens, et des chrétiens en général, en matière de respect de la vie est rappelé clairement dans une note doctrinale à propos de questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique (2) : Jean-Paul II a maintes fois répété que « ceux qui sont engagés directement dans les instances législatives ont « une obligation grave et précise de s’opposer » à toute loi qui s’avère un attentat à la vie humaine. Pour eux, comme pour tout catholique, existe l’impossibilité de participer à une campagne en leur faveur, et il n’est permis à personne de les soutenir par son vote ».

« Quand l’action politique se confronte avec des principes moraux qui ne permettent pas de dérogation, d’exception, ni aucun compromis, alors l’engagement politique des catholiques devient évident et chargé de responsabilités »… jusqu’à obtenir « l’abolition de l’avortement et de l’euthanasie en pratiquant l’objection de conscience ».

 

 

1. L’objection de conscience en matière de matière de santé : le cas des hommes politiques, Michel Schooyans, Revue de la recherche juridique, 2005-1

2. Note doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, signée par le cardinal. Ratzinger, 24 novembre 2002