La Grande-Bretagne autorise le clonage d’embryons humains


En février 2002, la Grande-Bretagne était le premier pays au monde à adopter une législation autorisant la conception d’embryons humains par clonage à des fins de recherche, mais aucun laboratoire n’en avait encore fait la demande.

 

Feu vert de la HFEA

 

Le 11 août dernier, la haute autorité britannique en charge des activités d’assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie (Human Fertilisation and Embryology Authority, HFEA) a donné l’autorisation de créer des embryons humains par clonage à une équipe de biologistes de l’université de Newcastle. Ce laboratoire, l’International Center for Life, est désormais autorisé à cloner des embryons humains afin d’en utiliser les cellules souches.

 

Les chercheurs espèrent obtenir la différenciation de ces cellules souches en cellules productrices d’insuline, par exemple, qui pourraient être greffées chez des malades diabétiques, ou encore tester des traitements pour la maladie d’Alzheimer  ou de Parkinson.

 

Médecine ou science fiction ?

 

Guérir du diabète ou de la maladie de Parkinson grâce au clonage... médecine ou science fiction ?

Prenons un exemple : le traitement des 17 millions de patients diabétiques aux USA. En prélevant 10 ovules par donneuse (d’après les expériences menées par ACT : on obtient 71 ovules auprès de 7 donneuses) et en comptant sur un taux de réussite optimiste de 20 % pour obtenir un embryon au stade de blastocyste et de 10 % pour démarrer les cultures de cellules souches embryonnaires, il faudrait au minimum 850 millions d’ovules ce qui signifie 85 millions de femmes en âge de procréer... pour traiter 17 millions de diabétiques.

 

Risques pour la santé : les stimulations hormonales à haut dosage et la chirurgie pour obtenir les ovules mettent en danger la santé de la donneuse et sa capacité à avoir des enfants par la suite.

 

Risques d’exploitation commerciale : quelles seront les femmes qui seront prêtes à gagner de l'argent en vendant leurs ovules ? Certainement pas les femmes aisées...

 

Le clonage

 

La France, depuis la loi de bioéthique votée en juillet 2004 (1), autorise la recherche sur les embryons congelés, conçus dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation et ne faisant plus l’objet d’un « projet parental », mais elle maintient l'interdit du clonage. 

 

 

1- Loi n°2004-800 du 6 août 2004