La nature tient en échec le clonage des primates


Les primates résistent

L’équipe du Dr Gérald Schatten du Magge-Womens Research de l’Université de Pittsburgh aurait trouvé une explication aux échecs successifs de clonage sur les singes. Selon lui certaines  cellules disposeraient d’une sorte de dispositif biologique de protection contre le clonage, dispositif inconnu chez les autres mammifères. Un mécanisme naturel empêcherait ainsi le clonage des primates et donc des êtres humains.

 

Un obstacle chromosomique

Pour cela, les chercheurs ont tenté de cloner un macaque : ils ont obtenu 724 œufs qui ont formé 33 embryons et au final pas une seule grossesse. Cet échec serait dû à un obstacle moléculaire fondamental : " lorsque les cellules se divisent, il y a des choses très fondamentales qui doivent se passer, et elles ne surviennent pas " commente l’un des chercheurs dans la revue "Science " du 11 avril.

 

En effet,  pour que les cellules se divisent correctement, les chromosomes doivent se dupliquer entre eux, puis se diviser. Or dès cette première étape les cellules des primates clonés ne se divisent pas normalement et entraînent un mélange désordonné de chromosomes. Les embryons n’ont pas le bon nombre de chromosomes, ce qui explique l’échec de l’implantation. Ces caractéristiques chromosomiques seraient donc à l’origine de l’échec du clonage.

 

Tout clonage remis en cause ?

Les chercheurs de l’Université de Pittsburg ont eu recours à quatre techniques différentes de transfert nucléaire et chaque fois le constat a été le même : il y a des obstacles moléculaires fondamentaux qui s’opposent au développement cellulaire normal. "Avec les approches actuelles de transfert nucléaire, il pourrait se révéler  difficile de produire des cellules souches embryonnaires chez les primates non humains, et le clonage reproductif pourrait se révéler impossible " concluent les chercheurs.  

Cette constatation pourrait remettre également en cause le clonage thérapeutique. 

 

Ref : Molecular Correlates of Primate Nuclear Transfert Failures –  Science - Vol 300 - 11 avril 2003