Des scientifiques pour le clonage humain



Le comité international de bioéthique de l'UNESCO a publié, en octobre 2010, un rapport proposant une approche différente de la déclaration des Nations Unies de 2005 contre toute forme de clonage humain. Il propose de changer le terme de clonage, pour le rendre plus acceptable ainsi que différentes options pour réglementer le clonage reproductif humain avec la possibilité d'un moratoire.

Le comité de bioéthique de l'UNESCO propose donc :

- de définir le "clonage reproductif" humain comme l'utilisation de la séquence linéaire de nucléotides d'ADN d'un homme existant afin de créer un embryon, implanté dans un utérus afin de produire un bébé humain.

- que l''utilisation des termes "thérapeutique" ou "recherche" soit évitée. Elle doit être remplacée par un terme qui décrit le processus plutôt que l'intention qui le guide, tel que "dérivation de cellules pluripotentes" par transfert nucléaire de cellule somatique, reprogrammation, ou toute autre technologie existante ou à venir.

Si ces définitions sont adoptées, écrit le Pr. David Prentice, elles contribueront à la confusion en masquant le fait que, dans tous les cas, un embryon humain est créé, quelle que soient les intentions finales de son utilisation.  Ce "même jeu malhonnête au niveau des définitions" apparaît dans deux projets de loi déposés devant le Congrès américain par Diana DeGette (HR 4808) et par Arlen Specter (S 3766) (Cf. Synthèse de presse du 15/09/10) dans le but de permettre le financement fédéral de la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines. Cachée au milieu des définitions, se trouve une disposition qui permettrait l'utilisation des fonds du contribuable pour le clonage d'embryons humains. Si Diana DeGette et Arlen Specter se déclarent pour l'interdiction du clonage humain, ils proposent en réalité le financement fédéral du clonage humain pour mener des expériences.

Des scientifiques essaient toujours de créer des embryons humains clonés. Des chercheurs australiens ont récemment demandé une licence pour cela. Un rapport favorable au clonage humain a été récemment publié par le  British Medical Research Council en collaboration avec le California’s cloning and embryonic stem cell institute. Il développe de nombreux arguments présentant les expériences de clonage pour l'homme comme un "outil utile" et des contributions des principaux partisans du clonage humain comme Weissman, Mitalipov, Schöler, Wood et Tuch.

D'autres pays restent vigilants. Le 14 décembre 2010, les sénateurs roumains ont adopté à 99 voix contre 3, avec 2 abstentions, un projet de loi prohibant le clonage humain.  Ce projet de loi doit encore être adopté par la Chambre des députés.


Sources: 

LifeNews (David Prentice) 09/12/10 - Bulletins Electroniques Roumanie (Fabien Flori) 17/12/10