Grande-Bretagne : du clone dans les assiettes



Le 24 juillet 2010, dans un article de l'International Herald Tribune, un fermier britannique a affirmé sous couvert d'anonymat, qu'il mêlait au reste de sa production laitière le lait d'une vache issue d'un clonage. L'affaire fait grand bruit en Grande-Bretagne, alors que le pays reste sous le choc de la crise de la vache folle des années 1990. La Food Standards Agency (FSA) a aussitôt lancé une enquête qui a révélé que trois bovins issus d'animaux clonés avaient été abattus dans les Highlands (Ecosse) : deux ont fourni de la viande qui a été consommée, la viande du troisième a été interceptée avant d'être mise sur le marché. Les enquêteurs estiment que 105 vaches de race Holstein issues de clones seraient nées au Royaume-Uni ces quatre dernières années. Ils rappellent aux fermiers possédant ces animaux qu'ils "doivent demander une autorisation dans le cadre de la réglementation sur les aliments nouveaux s'ils souhaitent en tirer des produits pour l'alimentation", ce conformément à la législation européenne.

Le clonage permet aux fermiers de se procurer des animaux ayant une grande capacité à produire du lait ou de la viande. A ce jour, aucun risque n'a été constaté pour la santé des personnes. En 2005, un rapport de l'AFSSA estimait que "les animaux descendant des clones, qui sont les seuls susceptibles d'être proposés aux consommateurs, peuvent être traités comme leurs équivalents issus des méthodes de reproduction classiques. Les tests appliqués de longue date aux animaux conventionnels pour la mise en vente des carcasses devraient donc mettre les consommateurs à l'abri de tout risque". D'autres sont plus prudents : "La recherche dans ce domaine est très limitée et n'a pas permis de conclure que ces produits alimentaires sont sûrs", a fait valoir lors du débat du 7 juillet 2010 l'eurodéputée roumaine Daciana Sarbu.

En France, la commercialisation de viande et de produits laitiers d'animaux clonés  est soumise à la législation européenne de 1997 sur les nouveaux aliments. Celle-ci soumet la commercialisation de viande et de produits laitiers d'animaux clonés à l'autorisation préalable de la Commission. Pour le moment, aucune demande n'a été déposée. En revanche, la loi n'interdit pas  la vente des produits issus de la progéniture d'animaux clonés, ni l'importation d'embryons issus de clones.

Au Royaume-Uni, la législation est plus stricte et soumet la commercialisation des produits issus de la progéniture des clones à une autorisation spéciale de la FSA.

Aux Etats-Unis, la commercialisation des produits issus d'animaux clonés et de leur progéniture est permise.

Pour Eric Poudelet, directeur de la sécurité alimentaire à la direction générale "santé et protection des consommateurs"( DG-Sanco) de la Commission européenne : "Les animaux clonés et leur descendance posent en revanche des problèmes de bien-être animal et d'éthique, car la technique du clonage n'a qu'un faible taux de succès et beaucoup d'animaux meurent à l'état d'embryon  ou en bas âge."


Sources: 

Le Monde (Paul Benkimoun) 07/08/10 - Libération (Laure Noualhat et Frédérique Andréani) 18/08/10 - Le Figaro.fr (Pauline Fréour) 04/08/10 - Le Figaro (Pauline Fréour) 05/08/10 - La Croix (Julien Duriez et Denis Sergent) 06/08/10 - Ouest-France.fr 06/08/10