"Les cicatrices sont profondes quand, après la FIV, les berceaux restent vides"



Si la fécondation in vitro (FIV) représente une prouesse technique, Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, et Jacques Milliez, obstétricien et professeur des universités appellent à la précaution face à la "rude" réalité des FIV. Sans vouloir "briser le rêve" des couples, ils soulignent que les traitements indus sont très prenants, longs et lourds, surtout lorsque l'on sait que le taux d'échec des FIV en France s'élève à 80%. En 2007, l'Agence de la Biomédecine (ABM) a indiqué en effet que sur 122 056 tentatives d'assistance médicale à la procréation (AMP), seuls 20 657 enfants sont nés.

Les deux spécialistes affirment que "sans vouloir brider ni briser l'engouement pro-FIV [...], le temps semble venu d'allumer les clignotants de précaution pour s'éviter de trop cruelles désillusions." Ils énumèrent les difficultés et les obstacles auxquels doivent faire face les couples : les fausses-couches, le dilemme de la "réduction embryonnaire" effectuée en vue de diminuer les possibilités de handicap des/du bébé(s), la pression de l'horloge biologique qui tourne, "la vie intime du couple entamée par les investigations et les traitements", le coût, la probabilité importante de repartir sans enfant...

Selon la loi de bioéthique de 2011, "la prise en charge psychologique des couples traités par AMP" doit être renforcée, pour une "information correcte" des couples ou pour aider certains à faire le "deuil d’un projet parental tellement investi".


Sources: 

Libération 14/11/11