L'impression 3D de tissus humains, une innovation contestée



 

 Les imprimantes 3D actuellement commercialisées permettent de fabriquer de nombreux objets, y compris des armes, et il apparait depuis un an, la possibilité d’imprimer des tissus vivants de l’organisme humain. Certains scientifiques y voient un moyen révolutionnaire de pallier la pénurie d’organes à transplanter ou encore de faire de la recherche thérapeutique.

 

La start-up américaine Organovo, spécialisée dans le design et l’impression de tissus humains pour la recherche et ses applications thérapeutiques, "est sur le point de créer des organes en dehors du corps humain". Son PDG, Keith Murphy, explique la technologie utilisée : "Ce que fait l’imprimante est de positionner les cellules souches à la bonne place afin de faire une structure devenant un tissu vivant". "Une des choses les plus complexes que nous avons faites sont les vaisseaux sanguins". Pour l’heure, les tissus peuvent vivre 40 jours en dehors d’un corps. Ils sont utilisés pour tester des thérapies médicamenteuses.

 

Organovo prévoit de lancer sur le marché, d’ici décembre 2014, des tissus de foies vivants et imprimés, pour les industries pharmaceutiques. L’intérêt, en général, pour la recherche sera d’imprimer des cellules cancérigènes pour étudier leur développement. L'autre intérêt de ces organes imprimés pour des applications médicales sera le non-rejet lors des transplantations. "Aujourd’hui, les patients qui bénéficient d’un don d’organe doivent prendre des médicaments anti-rejet toute leur vie, mais si les organes sont fabriqués à partir des cellules souches des patients, il n’y aura pas de problème de rejet" affirme Keith Murphy. Pour sa part, le cabinet d’analyse Gartner croit à une explosion à venir des besoins en impression de matériels médicaux, tels que les prothèses.

Des questions sont alors soulevées : que se passera-t-il dans le corps quand il sera fait d'"organes augmentés fabriqués à base de cellules non-humaines" ? Qui délivrera des agréments pour imprimer ces organes imprimés? Qui s'assurera de leur qualité? 

 

Les débats pressants sur le sujet des impressions 3D devront prendre en compte l’ensemble des aspects du sujet, à savoir les aspects politiques, éthiques, et financiers.


Sources: 

 The Telegraph (Rhiannon Williams) 11/02/2014 – CBS8.com (David Gotfredson) 04/02/2014 – Today’sMedical Developments (Elizabeth Engler Modic) 04/02/2014 – TechDay.com (James Henderson) 04/02/2014