Obtention de cellules souches pluripotentes à partir d'ovocytes



Le 5 octobre 2011, la revue Nature a publié les travaux des chercheurs Scott Noggle et Dieter Egli et de leur équipe du New York Stem Cell Foundation Laboratory, qui sont parvenus à obtenir des cellules souches pluripotentes humaines en reprogrammant des cellules adultes de peau à partir d'ovocytes.

Cette découverte est saluée comme une percée scientifique même si les cellules pluripotentes obtenues sont génétiquement anormales (triploïdies).

La technique utilisée par les chercheurs est une variante du procédé bien connu de transfert nucléaire ou clonage, qui avait abouti en 1996 à la naissance de la brebis clonée Dolly. Celle-ci consiste à remplacer le noyau d'un ovocyte non fécondé par le noyau d'une cellule adulte du corps (appelée cellule somatique). Les embryons obtenus de la sorte ne se développent pas jusqu'au stade blastocyste, stade auquel les cellules souches embryonnaires sont habituellement prélevées.

Pour contourner cette difficulté, les chercheurs ont inséré le noyau d'une cellule de peau d'un donneur adulte dans un ovocyte humain dont ils ont conservé le noyau que l'on retire dans le clonage classique. Ces cellules reprogrammées, possédant 3 copies du génome au lieu de 2 se sont alors développées jusqu'au stade du blastocyste, à partir duquel les chercheurs ont dérivé 2 lignées de cellules souches pluripotentes.

Cette technique requiert encore des recherches, souligne la revue Nature. Les chercheurs ne peuvent notamment prévoir la manière dont se comporteraient ces cellules triploïdes dans les tissus. Si de telles cellules ne peuvent être utilisées chez l'homme, ils pensent cependant que cela incite à être confiants quant à la possibilité de produire une lignée de cellules souches à partir d'un embryon cloné diploïde, génétiquement normal.

En 2004, le chercheur coréen Hwank Woo-Suk avait faussement prétendu y être parvenu, affirmant avoir créé les premières cellules souches pluripotentes dérivées d'un embryon cloné (Cf. Lettre mensuelle de décembre 2006 et Synthèse de presse du 26/10/09).
Nature
fait remarquer dans son éditorial que Scott Noggle et Dieter Egli choisissent de ne pas utiliser le terme de "clonage" qui est fortement controversé.


Sources: 

Romandie News 05/10/11 - Radio-canada.ca 05/10/11 - The Telegraph 05/10/11 - Presswatch.com 06/10/11