Coronavirus et IVG : Laurence Rossignol demande l'extension des délais d'avortement



« Les services d’orthogénie constatent que les restrictions de circulation à l’intérieur et à l’extérieur du territoire français combinées aux bouleversements de l’activité hospitalière fragilisent les conditions d’accès à l’IVG et renforcent les inégalités territoriales », stipule un amendement au projet de loi urgence covid-19.

 

Alors que la France traverse une crise sanitaire sans précédent et « que de nombreux professionnels de santé, quelles que soient leurs spécialités, sont mobilisés en priorité pour prendre en charge les malades touchés par le coronavirus », Laurence Rossignol, sénateur et ancienne ministre socialiste, a déposé un amendement au projet de loi urgence covid-19  pour demander au gouvernement « d’allonger de deux semaines les délais légaux d’IVG » et aussi de « supprimer l’exigence d’une deuxième consultation pour les mineures ». L’objectif étant de favoriser une ultime extension des conditions d’accès à l’avortement. « Etonnant sens des priorités… »

 

La semaine dernière déjà, un décret publié au Journal officiel permet aux pharmaciens de délivrer les pilules contraceptives aux patientes « dans le cadre de la posologie initialement prévue » et sur présentation de l’ancienne ordonnance. La mesure prise depuis dimanche 15 mars devrait être effective jusqu'au 31 mai.

 

Olivier Véran, ministre de la santé, et Murielle Pénicaud, ministre du travail ont « toutefois émis leur désaccord » concernant l’avortement. Ils ne semblent pas vouloir aménager les conditions d’accès à l’IVG pendant la crise sanitaire.

 

Complément du 27/03/2020 :

 

D’après les informations de l’Institut européen de bioéthique, les centres de planning familial français et belges « indiquent favoriser l'avortement médicamenteux par rapport à la méthode chirurgicale, afin d'éviter au maximum les contacts rapprochés entre médecins et patientes ».

 

Un membre du Collège national des gynécologues obstétriciens français (CNGOF), Cyril Huissoud, précise par ailleurs que l' « on maintient au maximum cette activité qui est considérée comme prioritaire ». « Si une patiente est atteinte du coronavirus et se retrouve de ce fait hors délai légal car elle a dû reporter son avortement, "son intention de départ sera évidemment prise en compte. Le CNGOF veillera à ce qu'elle puisse être prise en charge conformément à son choix initial" ».


Sources: 

Valeurs actuelles (21/03/2020) - France info (18/03/2020) - Institut européen de bioéthique (25/03/2020)