De la recherche fondamentale à la production industrielle de cellules souches humaines à usage thérapeutique : recommandations des académies


Les académies de médecine et des technologies viennent de publier dans un rapport commun[1] et des recommandations pour passer « de la recherche fondamentale à la production industrielle de cellules souches humaines à usage thérapeutique ».

 

En effet, elles estiment que les résultats obtenus dans « l’utilisation des cellules souches en thérapie humaine permet de penser qu’il est dès maintenant possible d’utiliser ces cellules pour traiter en nombre des patients atteints de maladies non ou imparfaitement curables à ce jour ».

 

Les laboratoires de recherches transmettraient la production de cellules souches à l’industrie pharmaceutique  pour développer des thérapies nouvelles classées en Europe sous la désignation générique de « médicaments de thérapie innovante » ou MTI.  

 

Les développements actuels concernent surtout les cellules mésenchymateuses et les cellules pluripotentes induites (iPS), utilisées à titre allogénique[2]. Cependant les académies estiment que la mise à jour en cours des lois de bioéthiques devrait permettre une utilisation plus large des cellules embryonnaires qui aujourd’hui « font l’objet de travaux fondamentaux sur le développement de l’embryon, mais sont peu impliquées dans les essais thérapeutiques ».

 

Le rapport recommande :

  • De faciliter aux industriels l’accès aux matières premières permettant de fabriquer des MTI : banque française de sang, banques de sang de cordon, facilité à l’importation des cellules et matières biologiques,
  • De rendre obligatoire la publication sur un site dédié de « tous les résultats d’essais thérapeutiques et des incidents éventuels survenus, y compris les essais qui n’ont pas abouti à des résultats positifs »,
  • De revoir les « conditions réglementaires » et de les aligner sur celles des autres pays européens.
  • D’aider à la création de start-ups et l’émergence de « nouveaux groupes pharmaceutiques spécialisés dans cet axe de la médecine régénératrice ».

 

Autant de pistes qui devront faire l’objet d’une attention toute particulière. Gènéthique proposera prochainement un décryptage de ces recommandations.

 

[2] Dans le cas d'une greffe allogénique de cellules souches, par exemple, on prélève du sang ou de la moelle osseuse chez un donneur (habituellement un parent au premier degré) et on les injecte à un receveur.