Des chercheurs chinois créent des vers-robots pour traiter les tumeurs au cerveau



Dans un article paru le 20 janvier 2020 dans le South China Morning Post, des chercheurs chinois déclarent avoir réussi à créer des micro-robots qui seront capables de se déplacer dans les vaisseaux sanguins pour rejoindre le cerveau des patients. Ils doivent permettre de cibler directement les tumeurs évitant ainsi les lourds effets secondaires liés aux traitements classiques. Les résultats de leur étude sont parus début janvier dans la revue Advanced Functionnal Materials.

 

En France, près de 5000 nouveaux cas de tumeurs au cerveau sont détectés chaque année. Ces tumeurs sont responsables de 2% des décès par cancers. Généralement traitées par radiothérapie ou chimiothérapie, leur traitement nécessite parfois une chirurgie risquée. Lorsqu’il extrait la tumeur, le chirurgien doit éviter de retirer le tissu sain qui l’entoure, sous peine de provoquer des séquelles neurologiques irréversibles. C’est pour éviter ce risque que les micro-robots pourraient être utilisés. Introduits dans le corps du patient, ils seraient « guidés à distance » pour circuler vers le cerveau et intervenir sur la tumeur.

 

Techniquement, « ces “vers robots” mesurent 1 à 3 mm » et se déplacent « sans batteries puisqu'ils utilisent un système de champs magnétiques externes ». Pour être activés dans le corps du patient, ce dernier doit être « placé dans une machine IRM pour créer le champ magnétique » propice à activer les robots. Ils pourraient donc circuler et « apporter les médicaments dans la zone ciblée, évitant les effets secondaires liés aux traitements classiques ».  Leur intérêt par rapport aux implants cérébraux qui existent déjà, mais dont l’introduction nécessite une intervention chirurgicale compliquée, serait la capacité des « vers-robots » à circuler de manière téléguidée, dans les vaisseaux sanguins.

 

Cette invention suscite néanmoins des inquiétudes. Ces vers-robots pourraient apparemment s’introduire dans le corps de plusieurs personnes par le biais d’un rayonnement infrarouge et le corps du ver, constitué d'un hydrogel transparent sensible à la température, peut changer de couleur dans différents environnements. Ainsi, quand les chercheurs le plongent dans une tasse d'eau à température ambiante, il devient quasiment invisible. A terme, des craintes se font jour quant à l’utilisation du dispositif à des fins militaires, même si la chercheuse Xu Tiantian, à l’origine du projet, s’en défend. Par ailleurs, les zones d'ombres demeurent : l’étude publiée par les chercheurs n’explique pas comment les robots sont injectés dans l’organisme…


Sources: 

Pourquoi Docteur ?, Raphaelle de Tappie (02/02/2020)