Des organoïdes humains dans des cerveaux de rats : le débat sur les chimères de retour



Plusieurs laboratoires américains auraient inséré des organoïdes de cerveaux humains dans des cerveaux de rats et de souris, reliant les deux structures par des vaisseaux sanguins. Certains de ces organoïdes se seraient développés et les chercheurs estiment que le tissu cérébral serait devenu fonctionnellement intégré à celui du rat. Ces annonces faites par la revue Stat ravivent le débat sur les chimères et particulièrement sur la possibilité que des cellules humaines se développent dans des cerveaux d’animaux, « leur donnant une forme de conscience humaine ». Le but affiché de ces recherches est de « déterminer comment des faisceaux de cellules cérébrales cultivés en laboratoire pourraient être utilisées pour comprendre ou traiter des maladies cérébrales ». Si les perspectives effrayantes de ces travaux - doter les animaux de caractéristiques humaines - semblent lointaines et du domaine de la science-fiction, les éthiciens s’inquiètent. Jusqu’à présent, les expériences concernaient des fractions de neurones humains si petites qu’elles n’avaient aucune chance de donner à la souris une conscience humaine ou une intelligence améliorée. En outre, aucune vascularisation de tels implants n’avait réussi.   

 

Ces travaux doivent être présentés cette semaine lors d’un congrès sur les neurosciences, toutefois les résultats n’ont pas encore été publiés.


Sources: 

Stat, Sharon Begley (6/11/2017); MIT, Jamie Condliffe (7/11/2017)