Douze pays ont un "sex-ratio" déséquilibré pour cause d'avortement des petites filles



Il manque 23,1 millions de femmes dans le monde, dont 11,9 millions en Chine et 10,6 millions en Inde. Rien qu’en 2017, il y a eu 800 000 avortements de fille en Chine, et 671 000 en Inde. Des chercheurs de l’ONU, de l'Université de Singapour et de l'Université du Massachusetts aux Etats-Unis ont réalisé conjointement une importante étude démographique afin d’étudier le « sex-ratio » mondial. L’étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences a analysé, dans 202 pays, les données issues des registres d’état-civil, des recensements et d’enquêtes, de 1950 à 2017. 1970 est l’année où « l'avortement sélectif en fonction du sexe a commencé à être disponible ». Il ressort de cette étude que douze pays ont une proportion anormalement élevée d’hommes par rapports aux femmes : la Chine, L’Inde, l’Albanie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Corée du Sud, Hong Kong, le Monténégro, Taiwan, la Tunisie et le Vietnam.

 

En Chine, pays qui concentre 51 % des filles manquantes, le sex-ratio est monté, en 2005, jusqu’à 118 naissances masculines pour 100 naissances féminines. Un chiffre bien supérieur au ratio naturel de 105 pour 100 qui se retrouve invariablement dans les autres pays du monde. En 2017, ce ratio est timidement descendu à 114 pour 100, une tendance à la baisse qui « reste à confirmer », selon Fengqing Chao, l’un des chercheurs de Singapour : depuis la fin de la politique de l’enfant unique, les désirs de filles augmentent doucement, mais il faudra plusieurs années pour rééquilibrer le ratio, notamment « en raison du manque de femmes » actuellement en âge d’avoir des enfants.

 

En Géorgie, en Corée du Sud et à Hong Kong, le « sex-ratio » à la naissance revient à la normale, mais en Inde, où se situent 41 % des avortements féminins, la baisse du ratio est seulement « légère ».

 

Il semblerait que l'avortement des filles soit « devenu un moyen pour les familles nombreuses de ne pas manquer de progéniture masculine », conclut l’étude.

 

Pour aller plus loin :

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Sources: 

New Scientist, Debora MacKenzie (16/04/2019)

ABC.es, Nuria Ramirez de Castro (17/04/2019)

Phys.org, Bob Yirka (16/04/2019)