Edition du génome in utero : une étude chez la souris



Une équipe de chercheurs américains publie dans Nature medicine une « expérience réussie » d’édition thérapeutique du génome de souris in utero.

 

L’édition thérapeutique des gènes chez le fœtus permettrait de traiter des maladies ayant une forte mortalité dès la naissance, voire de cibler les gènes délétères avant même que la maladie ne se déclenche. Pour éditer le génome, les chercheurs disposent de l’outil CRISPR-Cas9. Ici, l’ équipe s’est servie d’un ciseau moléculaire similaire dénommé BE3 qui permet de remplacer une base nucléique par une autre sous ouvrir la double hélice d’ADN « ce qui comporte moins de risque selon les auteurs ». Ils ont ainsi ciblé le gène Hpd en cause dans la tyrosinémie héréditaire de type 1. « Dans cette maladie, qui débute entre 15 jours et trois mois après la naissance chez l’homme, une mutation bloque le catabolisme de la tyrosine, provoquant une insuffisance hépatique sévère ».

 

William Peranteau et ses collaborateurs de l’Hôpital pour enfants et de l’École de médecine Perelman de Philadelphie ont ainsi « injecté à des fœtus de souris modèles de la tyrosinémie, dans leur 16e semaine de développement, soit des vecteurs viraux contenant un outil génétique sans effet (groupe contrôle), soit des vecteurs viraux contenant la construction BE3-ARN guide ».  Dans le second groupe, le catabolisme de la tyrosine a été rétabli grâce à une inhibition du gène Hpd dans 15% des cellules hépatiques. A la naissance, les souriceaux modifiés génétiquement ont survécu, contrairement aux autres. En outre, « aucun autre organe ne semble avoir été touché par l’édition du génome ».


Sources: 

Le quotidien du médecin, Sophie Coisne (8/10/2018)