Elle retrouve le donneur à l'origine de la naissance de sa fille, la banque de sperme lui réclame 20 000 $



Danielle Teuscher, mère célibataire américaine de 30 ans, a fait un test génétique pour elle et pour sa fille Zoé, conçue il y a cinq ans grâce à un don de sperme. Le don de gamètes provenait de la Northwest Cryobank, une banque de sperme qui garantit contractuellement l’anonymat des donneurs. Tenant à ce que ses enfants soient génétiquement frères et sœurs à 100 %, Danielle avait acheté directement cinq échantillons de sperme, conservés par la Cryobank.

 

Si elle a fait faire un test génétique 23AndMe à sa fille, c’est parce qu’elle considère qu’il relève de sa « responsabilité » de lui fournir « le plus d’informations possibles » concernant ses ascendants et leur santé. « Tous ceux conçus par don de gamètes sont d’accord pour affirmer que le lien génétique est vraiment important pour leur identité », explique la mère. « Je n’ai jamais imaginé que je pourrais obtenir une quelconque correspondance, (…) mais je pensais que si je trouvais un lien alors ce serait une bonne chose », ajoute-t-elle.

 

De fait, le résultat du test s’est avéré très précis, indiquant le nom de la grand-mère de Zoé, la mère du donneur de sperme. Danielle lui écrit un message et reçoit pour toute réponse un unique : « Je ne comprends pas ». L’affaire semble s’arrêter là.

 

Mais trois semaines après, la Cryobank écrit à la mère exigeant qu’elle cesse immédiatement de contacter le donneur et qu’elle ne cherche pas à « en savoir plus sur son identité, ses antécédents ou son lieu de vie ». La banque réclame 20 000 dollars de dommages et intérêts si elle tente de nouveau de le contacter, rompt le contrat signé avec Danielle, les quatre échantillons restants lui seront retirés sauf si elle paye les 20000 $.

 

« Ils ont littéralement pris mes bébés. Mes futurs bébés », déplore Danielle Teuscher qui espérait avoir d’autres enfants tous issus du même père. Mais « c'est un être humain de l'autre côté du don, qui peut avoir un conjoint, des parents, un travail et ses propres enfants et un contact non désiré pourrait mettre en péril ces relations et ces familles », argumente de son côté la banque de sperme pour défendre le donneur.

 

« Ils sont complètement bouleversés de découvrir que le sperme a généré un enfant, et ça c’est vraiment incompréhensible pour moi ». Certes elle avait signé le contrat, une simple petite case à cocher, mais « ma fille est un être humain vivant, respirant et avec des sentiments, et elle n’a pas signé ce contrat », rétorque-t-elle désespérée.