Embryons chimères animal-homme : « Ces recherches posent la question de l’avenir de notre humanité »



La possibilité de créer des embryons chimériques animal-homme est au menu du projet de loi de bioéthique en cours d’examen par l’Assemblée nationale (cf. Les embryons chimériques à l’heure de la révision de la loi de bioéthique).

 

Olivia Sarton, juriste membre de l’association « Juristes pour l’Enfance » s’interroge sur le non-engagement des antispécistes sur le sujet : « En effet, ce projet de loi ouvre grand la porte dans son article 15 à la création de chimère animal-humain, c’est-à-dire d’embryon mêlant des cellules humaines et des cellules animales. ». L’argument ? « Ne pas rater « la course au grand progrès scientifique » », à l’heure où « des chercheurs américains, anglais, espagnols, japonais, ont déjà créé des embryons d’animaux contenant des cellules humaines » [1].

 

L’intérêt affiché pour cette technique vient de la possibilité de « pratiquer de la xénotransplantation, c’est-à-dire d’abattre ces animaux pour prélever les organes créés à partir de cellules-souches humaines et de greffer pancréas, cœur, foie, etc… chez des hommes ou femmes malades ».

 

Au-delà de l’aspect éthique d’une telle utilisation des animaux qui pourrait alarmer les défenseurs de leur cause, Olivia Sarton affirme que « ces recherches posent la question de l’avenir de notre humanité ». En effet, « aujourd’hui, les chercheurs assurent qu’ils ne franchiront pas certaines limites : pas de production de gamètes humains par les organes reproducteurs des chimères [animal-homme], abattage systématique des animaux présentant des signes extérieurs humains », mais « comment faire confiance à ces engagements dans un contexte de compétition internationale » ? interroge la juriste. « Déjà les positions divergent : ainsi, pour la question particulièrement délicate et contestable de l’introduction de neurones humains dans le cerveau, les scientifiques n’adoptent pas la même ligne rouge : arrêt des recherches si des cellules humaines migrent vers le cerveau des animaux selon les uns, limitation du pourcentage de ces neurones d’origine humaine dans le cerveau animal à 1 % pour les autres… ».

 

Plus généralement, elle s’interroge sur la perpétuelle transgression des limites. « Les mutations scientifiques en cours n’entraîneront donc pas un accroissement du bonheur. Contrairement à ce que les promoteurs français de ces mutations technologiques soutiennent, il est possible de ne pas emboîter le pas de toutes les dérives qui s’annoncent », affirme Olivia Sarton. Mais « cela passe notamment par le courage politique de ne pas renoncer à contester les jugements des juridictions internationales qui veulent imposer aux États des normes contraires à l’éthique dont ne veulent pas leurs citoyens et le courage de sanctionner ceux qui partent à l’étranger transgresser les lois françaises puis reviennent en France pour imposer le fruit de leur transgression » et implique de « renoncer à un gain économique immédiat ».

 

Pour aller plus loin :

L’embryon victime de la loi de bioéthique ?

Fabriquer des organes humains dans des porcs ou des moutons, fiction ou réalité ?

 

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Sources: 

Le Figaro (02/10/2019) – Chimères humain-animal « Ne jouons pas aux apprentis sorciers »