En Italie, deux militants pro-euthanasie acquittés : un pas de plus vers la légalisation ?



Deux militants italiens, qui avaient emmené un patient pour son suicide assisté en Suisse, ont été acquittés par les tribunaux italiens le 27 juillet dernier. Mina Welby et Marco Cappato ont « aidé Davide Trentini à se suicider en avril 2017 à Dignitas, une clinique de suicide médicalement assisté en Suisse ». Davide Trentini souffrait de sclérose en plaques.

 

Dès leur retour en Italie, ils « se sont rendus aux autorités italiennes dans une démarche stratégique visant à contester le code pénal italien » qui interdit l'euthanasie et le suicide médicalement assisté. En effet, selon l'article 580, le fait d'aider ou de convaincre une personne à se suicider « est puni d'une peine de cinq à douze ans si le suicide a lieu, ou d'un à cinq ans s'il ne se produit pas mais entraîne des dommages corporels graves ou très graves ». Pourtant, « le tribunal a jugé qu'aucun crime n'avait été commis par Welby et Cappato car ils n'étaient pas les ‘instigateurs’ du suicide ». Cette décision va dans le même sens que celle rendue en 2019, acquittant déjà Marco Cappatto pour l’aide au suicide de DJ Fabo, dans la clinique suisse Dignitas (cf. Italie : un militant italien pour l’aide au suicide acquitté).

 

Dans cette affaire, le juge a jugé que le suicide assisté n’est « pas condamnable » si le patient qui demande à mourir est artificiellement maintenu en vie, s’il « souffre d'une pathologie irréversible » avec « souffrances physiques et mentales », s’il est en soins palliatifs et  s’il « est toujours en mesure de prendre une décision libre et éclairée ». Les militants pro-euthanasie y voient un précédent qui « contribuera à pousser la Cour à légaliser le suicide médicalement assisté dans le pays ».

 

Cappato et Welby sont tous deux membres de l'Association Luca Coscioni, qui milite pour la légalisation du suicide médicalement assisté en Italie. Selon l'agence de presse italienne ANSA, cette association aurait déjà poussé 268 personnes au suicide, dont trois qui ont été accompagnées en Suisse jusqu’à la clinique Dignitas.

 

Pour aller plus loin :

Italie : la Cour constitutionnelle estime licite l’euthanasie alors que la loi la punit

Pape François : "Nous devons rejeter la tentation (...) d'utiliser la médecine pour soutenir une éventuelle volonté de mourir du patient"

Euthanasie en Italie : un projet de loi débattu à la chambre des députés

Les Italiens ont-ils le droit de recourir au suicide assisté en Suisse ? La Cour Constitutionnelle renvoie la question au Parlement


Sources: 

American Magazine, Junno Arocho Esteves (28/07/2020)