Euthanasie des mineurs : "Qu'est-ce qui a convaincu les médecins que les cas de ces enfants étaient désespérés ?"



En Belgique, l’euthanasie de 3 enfants de moins de 17 ans était mentionnée dans un récent rapport (cf. Toujours plus d’euthanasies en Belgique). Le professeur Willem Lemmens, Professeur de philosophie moderne et d’éthique à l’université d’Antwerp en Belgique (cf. Euthanasie : le nouveau tabou), s’étonne que « le rapport de contrôle de la commission n’ait donné lieu à aucun article de presse, ni même à aucun commentaire ».

 

Les trois enfants ont été euthanasiés entre janvier 2016 et décembre 2017. Parmi eux, un enfant de 11 ans, aucune limite d’âge n’est fixée à l’euthanasie des enfants en Belgique, était atteint de fibrose kystique. Cependant, la Fondation de la fibrose kystique explique que « l'espérance de vie médiane pour les nouveaux cas de fibrose aux États-Unis est maintenant de 43 ans », et précise que « les traitements modernes permettent à de nombreux patients de jouir d'une qualité de vie élevée jusque dans la trentaine ou même au-delà ».

 

Les autres enfants étaient un garçon de dix-sept ans atteint de la dystrophie musculaire de Duchenne, et un garçon de neuf ans qui avait une d'une tumeur au cerveau.

 

Lorsqu’un enfant demande l’euthanasie, la loi précise qu’il doit le faire par écrit, et des psychiatres sont en charge de vérifier que le jeune est en mesure de prendre cette décision et « n’est pas influencé par un tiers ». Les parents peuvent empêcher que l’enfant présente sa demande d’euthanasie. Mais comment ne pas s’interroger : « Qu'est-ce qui, exactement, a convaincu les médecins que les cas de ces enfants étaient désespérés, que leurs décès étaient imminents - et que les enfants comprenaient pleinement non seulement l'euthanasie mais aussi les options de traitement qui auraient pu atténuer leur état ? ».

 

Willem Lemmens regrette que ces questions ne soient plus abordées par la presse belge. Dans une interview, il a dénoncé l’installation d’un processus de normalisation en Belgique : « Les gens considèrent l’euthanasie comme une solution pour les maladies comme le cancer en stade terminal ou les maladies d’origine neurologique (...) Et il y a des débats pour savoir si la loi doit être élargie aux personnes atteintes de démence ou aux personnes âgées qui ne sont pas en phase terminale mais qui en ont juste assez de vivre ».

 

Ce qui trouble Alex Schadenberg, directeur général de la Coalition pour la prévention de l’euthanasie de London, en Ontario au Canada, c'est que même le « consentement » d'un enfant de neuf ans à l'euthanasie soit accepté par un médecin. Au Canada, le gouvernement a institué en 2016 un comité chargé d’étudier la question de l’euthanasie des enfants. Un rapport est attendu pour décembre qui devrait considérer très sérieusement cette question.


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