Euthanasies en Belgique : 10e inculpation pour un ancien médecin, trois autres en Cour d’assises



En Belgique, alors qu’une nouvelle famille poursuit un ancien médecin du CHR de Huy déjà « inculpé pour neuf assassinats », survenus entre 2017 et 2018 » (cf. Euthanasies suspectes en Belgique : le médecin, libéré, pourrait venir « travailler en France »), « le premier procès pour euthanasie (…) s’ouvre ce mardi à Gand ».

 

Trois médecins sont accusés « d’empoisonnement sur la personne de Tine Nys en avril 2010 ». Cette jeune femme de 38 ans avait demandé l’euthanasie « quelques mois auparavant pour souffrances psychiques ». Les médecins sont mis en cause pour « des manquements d’ordre administratif ainsi que la nonchalance avec laquelle l’euthanasie a été prodiguée » (cf. En Belgique, trois médecins poursuivis pour empoisonnement après l’euthanasie d’une jeune femme pour souffrances psychiques).

 

En 2009, Tine Nys exprime « pour la première fois sa demande d'euthanasie à un médecin », le jour de Noël. Après l’avoir annoncé à sa famille en janvier 2010, elle décède quatre mois plus tard « entourée des siens ». Le moment a été « particulièrement mal vécu par la famille de Tine » : le docteur n’ayant pas de pansement pour fixer l’aiguille dans le bras de Tine Nys, « il demande donc au père de maintenir l’aiguille dans le bras de sa fille ». Et il « termine son intervention en proposant à la famille d’utiliser son stéthoscope pour constater que le cœur de Tine s’est bien arrêté ». 

 

Tine Nys souffrait de troubles psychiques « depuis de nombreuses années », raison pour laquelle « elle avait fait de nombreux séjours à l'hôpital ainsi que de nombreuses tentatives de suicide ». Les demandes d’euthanasie en raison de « troubles mentaux et du comportement représentent 2,4% de l’ensemble des euthanasies ».

 

Le procès se déroulera pendant deux semaines. Les trois médecins « risquent, en théorie, la prison à perpétuité pour empoisonnement ayant entraîné la mort ».

 

Pour aller plus loin :

« Entourer les personnes souffrant de solitude est une option plus humaine que l’injection létale »

Aux Pays-Bas, le nouveau Code de déontologie pour la pratique de l’euthanasie est-il un "progrès" ?

Belgique : « la liberté des institutions d’accepter ou de refuser l’euthanasie [bientôt] réduite à néant »?


Sources: 

RTBF, Melanie Joris et Stéphanie Lepage (14/01/2020), Belga News (13/01/2020)