Fin de vie en Allemagne : l'Ordre des médecins en désaccord avec la justice



En Allemagne, depuis 2015, toute « assistance au suicide » est interdite. Pourtant le débat a été relancé par « un arrêt récent enjoignant l’Agence allemande du médicament de permettre, dans certains cas, à des patients incurables en fin de vie d’obtenir un médicament létal pour abréger leurs souffrances » (cf.L’Allemagne autorise l'achat de substances létales en vue du suicide assisté).

 

En mars 2017, le tribunal administratif fédéral a en effet déclaré que « tout individu bénéficie d’un ‘droit à l’autodétermination’ garanti par la Constitution ». Mais ce droit ne s’applique que « dans des situations désespérées ; sans issue thérapeutique possible, et uniquement lorsque le patient exprime clairement sa décision » a précisé le tribunal.

 

Selon l’Ordre des médecins, « cette décision revient à confier à la justice le choix de déterminer si un patient se trouve ou non dans une situation sans issue, alors qu’elle n’a aucune compétence médicale pour cela ». Elle ouvre une brèche « dans le dispositif légal très strict encadrant la fin de vie en Allemagne ». Depuis ce printemps, au moins 24 personnes ont demandé à l’Agence d’obtenir des produits létaux pour mettre fin à leur vie. « Ce qui devait rester ‘exceptionnel’ ne l’est déjà plus ».

 

Le ministre de la Santé, Hermann Gröhe, regrette également cette décision du tribunal et a assuré aux médecins une nouvelle législation sur le sujet afin de « refermer ce qui apparaît bien comme une faille ». 


Sources: 

Le Quotidien du Médecin (08/06/2017)