Greffe cardiaque : révision de l’ordre de priorité des receveurs



Depuis janvier 2018, le système de répartition des greffons cardiaques a été modifié afin de « rationaliser » le choix du patient receveur et  de rentabiliser l’emploi des greffons.

 

«À l’origine, le système reposait quasiment exclusivement sur une organisation locale: on cherchait un receveur dans la région du donneur, en tenant compte du groupe sanguin», explique le Pr Olivier Bastien, directeur du prélèvement et de la greffe à l’Agence de la biomédecine. Depuis 2004, la notion de «super urgence» avait été ajoutée à ce critère géographique, pour donner aux équipes de greffe « la possibilité d’attirer l’attention de la plateforme nationale, durant 48 heures renouvelables une fois, sur un patient en attente de greffe dont le pronostic vital était engagé ». Mais « le recours à ce dispositif était trop fréquent et insuffisamment hiérarchisé. Par exemple, les chances de survie après la greffe n’étaient pas prises en compte. Ainsi des patients ayant une espérance de vie très courte après l’opération étaient quand même transplantés en priorité » commente le professeur Bastien.

 

L’Agence de Biomédecine a donc établi de nouvelles règles : « chaque candidat à une greffe de cœur se voit désormais attribuer un score de compatibilité avec le donneur. Son risque de mourir en l’absence de transplantation, son éloignement géographique, sa morphologie, ses groupes sanguin et tissulaire, son sexe et son âge entrent en ligne de compte ». Sa place en liste d’attente n’est plus figée, « et le système tient autant compte du besoin vital du receveur que du bénéfice qu’il tirera de la greffe ». L’objectif est ainsi que chaque « greffon cardiaque en bonne santé serve aussi longtemps que possible ». Ce « score cœur », à l’instar des scores foie ou rein déjà mis en place, a fait l’objet d’une simulation avant son déploiement. L’ABM insiste également sur la « transparence dans l’attribution des greffons ».

 

Note :

Plus de 700 patients sont inscrits sur la liste d’attente à une greffe du cœur.

« La greffe cardiaque doit intervenir dans les quatre heures qui suivent le décès. Contrairement au rein qui peut être conservé sans dommage pendant 15 heures, le cœur ne peut supporter plus longtemps de ne pas être irrigué et oxygéné. Dans cette période critique, il doit être maintenu dans un liquide physiologique à une température de 4  degrés, et transporté dans un incubateur ».


Sources: 

Le Figaro (8/10/2018)