Greffe d’utérus : un premier essai clinique autorisé en France



« La transplantation d’utérus sera dorénavant possible en France ». L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) vient en effet d’accorder une autorisation pour un essai clinique à une équipe du CHU de Limoges. Le Comité de protection des personnes (CPP) de la région a également approuvé l’essai, qui sera « financé par des fonds publics ». Le protocole prévoit d’inclure huit femmes ; une présélection est en cours. L’ANSM « a jugé nécessaire de limiter l’étude à des femmes qui n’ont pas encore d’enfants », pour « minimiser les risques de complications médicales, chirurgicales et obstétricales ». Ces huit femmes recevront « l’utérus de donneuses en état de mort cérébrale ».

 

La première greffe est prévue « au mieux » pour 2016, « suivie ultérieurement par une implantation d’un embryon conçue par fécondation in vitro ».  La « première naissance n’aura donc pas lieu avant fin 2018 » a déclaré, prudemment, l’équipe du CHU de Limoges.

 

Les greffes d’utérus sont déjà pratiquées en Suède (cf. Gènéthique du 6 octobre 2014) où quatre bébés sont nés de cette façon, le dernier en juin. Au Royaume Uni, un essai clinique est sur le point de débuter incluant une dizaine de femmes (cf. Gènéthique du 30 septembre 2015). En France, l’autorisation d’un tel essai était imminente depuis à la publication du rapport de l’Académie de médecine sur cette question (cf. Gènéthique du 24 juin 2015).

 

L’équipe qui a reçu l’autorisation est « investie dans ce champ de recherche depuis 1999 ». Tristan Gauthier, gynécologue-obstétricien au CHU de Limoges explique que « l’objectif principal de cette étude de faisabilité est de démontrer que les bénéfices sont supérieurs aux risques, c'est-à-dire que ces transplantations peuvent permettre d’aboutir à des naissances, sans complications majeures ». Les expérimentations chez l’animal se poursuivront en parallèle, et d’autres équipes réfléchissent à des protocoles « à partir de donneuses vivantes et de transsexuelles femmes devenant hommes », notamment l’équipe du Professeur Frydman à l’hôpital Foch de Suresnes.

 

A ce sujet, Jean Yves Nau se demande : « Si elles sont possibles de telles greffes sont-elles souhaitables et si oui, sous quelles conditions ?»


Sources: 

Jean Yves Nau (07/11/2015); Le Monde (06/11/2015)