Grossesses sous pilule : une explication génétique ?



Une étude publiée dans Obstetrics & Gynecology suggère que les grossesses sous pilule pourraient s’expliquer génétiquement : les femmes exprimant une certaine variante génétique métaboliseraient plus rapidement les hormones contenues dans le contraceptif, diminuant leur action. Une explication plausible pour les pilules contraceptives faiblement dosées.

 

Les grossesses sous pilules sont souvent imputées à une erreur d’utilisation par la femme. Mais le docteur Aaron Lazorwitz, de l’université du Colorado, auteur principal de l’étude, estime « qu’il y a d’autres facteurs hors de contrôle pour la femme, tels que la génétique, qui pourraient entrainer l’échec de la contraception ». Des mécanismes étudiés de près pour d’autres molécules, mais très peu dans le domaine de la contraception.

 

L’étude a été menée sur 350 femmes « munies d’un implant contraceptif, en place depuis au moins un an et au plus 36 mois ». Ce contraceptif à long terme, implanté sous la peau du bras libère lentement de l’étonogestrel[1] durant 3 ans. Chez ces femmes, hors de tout soupçon d’une mauvaise utilisation, les chercheurs ont constaté que les taux hormonaux d’étonogestrel étaient liés à la présence ou l’absence du gène CYP3A71C. Ce gène, actif chez le fœtus, code une protéine qui décompose les hormones sexuelles, utilisées pour la contraception. Il s’éteint le plus souvent à la naissance, mais certaines femmes l’expriment encore à l’âgé adulte. Ainsi, chez plus d’une femme sur 4, porteuse d’une variante active de ce gène, le taux d’étonogestrel était insuffisant pour avoir une action contraceptive.

 

Cette étude suggère également que la génétique peut être en cause en ce qui concerne les effets secondaires de la pilule, variables d’une femme à l’autre.

 

Pour aller plus loin :

 


[1] Progestatif de synthèse.


Sources: 

Reuters, Linda Carroll (12/03/2019)