Ils ont manifesté contre la "PMA pour toutes"


La manifestation contre l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules a réuni à Paris dimanche 6 octobre, près de 600 000 personnes. Le cabinet indépendant Occurrence, proche de la députée LREM Aurore berger, a évalué le nombre de participants à 74500, la préfecture de police faisant mention de 42 000. Compte tenu de l’affluence, un itinéraire alternatif a été mis en place pour permettre aux manifestants d’accéder place du 18 juin 1940, devant la gare Montparnasse. Beaucoup de participants sont restés dans les rues adjacentes. Pour les 21 associations organisatrices, c’est un pari gagné.

 

Les manifestants ont défilé pour demander : «Un vrai daron, pas des échantillons», «La médecine? C’est pour soigner!», «Liberté. Égalité. Paternité»… Ils ont voulu exprimer avec force leur opposition à un changement majeur de société qui va institutionnaliser l’absence des pères.

 

A l'occasion de cette manifestation, Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur de l'ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice), a expliqué que « l’expérience des enfants nés par PMA-anonyme depuis les années 80 prouve que tout enfant a besoin de connaître ses parents. Aujourd’hui, ces enfants demandent justice et cherchent à connaître leur père. Nous en avons invité plusieurs aux Nations unies, et nous soutenons leur cause à la Cour européenne des droits de l’homme.Demain, si la loi est votée, ce sont les enfants nés par PMA pour toutes qui demanderont justice, mais le Gouvernement ne sera plus là pour répondre de ses actes ». Il a insisté : « La PMA sans père et la GPA ne sont pas des progrès, ce sont des déchéances, des pertes d’humanité ».

 

Aude Mirkovic à son tour, reprend les enjeux autour de la filiation, ce lien, explique la justiste,  « qui relie chacun à ses père et mère, à ceux dont il est né ». Elle explique : « C’est pourquoi la filiation figure sur l’acte de « naissance », qui dit à chacun de qui il est « né » ». Elle poursuit : « Certes, la filiation ce n’est pas seulement un lien biologique, et cette naissance de l’enfant peut être aussi symbolique : c’est le cas des enfants adoptés, ou bien reconnus par un homme qui ne les a pas engendré ». Tout en dénonçant un  projet de loi qui « veut fonder la filiation non pas sur la réalité charnelle de la naissance mais sur l’intention de deux femmes d’être parents. Mais, comme deux femmes ne peuvent pas donner naissance à un enfant, elles ne peuvent dire à l’enfant de qui il est né, pas même symboliquement. C’est là qu’on comprend que la filiation change de sens : elle n’indique plus à l’enfant de qui il est né, pas même symboliquement. Elle désigne à l’enfant ses responsables légaux, au même titre qu’un tuteur : l’enfant se trouve alors rattaché à des responsables légaux mais privé de parents au sens propre du terme. Pour les enfants concernés, ces deux responsables légaux appelés mères évincent le père. On l’appelle géniteur pour atténuer la violence de cette privation mais ce n’est qu’un cache-misère ».

 

Enfin, Aude Mirkovic interroge : « La parité est partout : dans les élections, les conseils d’administration, mais plus dans la filiation ? La société reconnaît la valeur de l’altérité et de la complémentarité homme/femme lorsqu’elle promeut partout la parité : parité dans les salaires, parité dans les ministères, alors pourquoi la PMA sans père ? ». Et elle met en garde : « On ne touche pas impunément à la filiation, et ce changement impacte tout le monde ». « Fonder la filiation sur la seule intention, sans tenir compte des liens charnels, c’est soumettre l’enfant à la dictature des désirs des adultes ».

 

Pour les organisateurs, la mobilisation ne fait que commencer. Les prochaines manifestations #MarchonsEnfants sont prévues les 1er décembre, 19 janvier, 8 mars, 17 mai et le 14 juin.