Imposer un « besoin » contraceptif, est-ce cela l’émancipation des femmes ?


26 septembre : journée mondiale de la Contraception. Tous les ans, sous couvert de « droits sexuels et reproductifs », on promeut l’accès à la contraception. Et si s’en affranchir était  un moyen de libérer la femme ?

 

C’est ce que défend l’ECLJ[1] dans son rapport de juin 2019 : Libérer les femmes : une critique de la contraception. Celui-ci fait suite à une résolution introduite à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe : « Autonomiser les femmes : promouvoir l'accès à la contraception en Europe ».

 

Bien présente lors des Conférences internationales sur la population, la mentalité contraceptive est présentée comme indispensable : la contraception est un « besoin » dès lors qu’une femme déclare ne pas vouloir être enceinte. C’est une première erreur à laquelle s’ajoutent celles de penser que « l’absence d’utilisation de méthodes de contraception serait due à un problème d’accès » ou qu’il s’agit d’un manque de connaissance lorsque les femmes ne l’utilisent pas.

 

Imposer un « besoin » contraceptif, est-ce cela l’émancipation des femmes ?

 

Halte aux idées reçues !

 

La contraception ne diminue ni le nombre de grossesses « non prévues », ni le nombre d’avortements. En effet, sous contraception, les couples décorrèlent la sexualité et la procréation. Une grossesse imprévue est donc davantage qualifiée de « non désirée » : 2 femmes sur 3 effectuant un avortement sont sous contraception[2].

 

Oui, la contraception favorise le déficit démographique européen. L’Europe, en moyenne à 1,6 enfant par femmes, n’atteint pas aujourd’hui le seuil de renouvellement des générations qui est de 2,1 enfants par femme[3].

 

L’ECLJ pointe du doigt le « paradoxe de la contraception », celui d’une efficacité qui n’est pas à la hauteur des attentes d’autant moins que la contraception s’accompagne d’un impact humain et environnemental fort. 

 

L’impact de la contraception

  • Un impact de la contraception sur la femme

Les hormones artificielles ne sont pas dépourvues d’effets secondaire : maux de têtes, crampes, nausées, vomissements, diarrhées, prise de poids, sensibilité des seins, infections génitales ou encore saignements intermenstruels. A plus long terme également : hypertension, thromboses veineuses profondes, cancer du col de l’utérus sont des risques à craindre.

S’ajoute à cela, des effets sur le bien-être (changement d’humeur, perte de la libido, dépression). Une étude menée par des chercheurs danois fait état d’une augmentation, liée à la prise d’une pilule contraceptive, en moyenne de 40 % du risque de dépression, avec un risque plus élevé chez les adolescentes[4].

  • Un impact environnemental

Les contraceptifs font partis des médicaments dont les résidus sont fréquemment détectés dans les eaux de surface et souterraines, les sols et dans des tissus animaux. Ces concentrations, même faibles, peuvent affectées la sexualité de certaines espèces animales. Alors que les effets des perturbateurs endocriniens ne sont pas encore bien connus chez l’homme, ces constatations chez l’animal devraient alerter. 

  • Un impact sur les relations homme-femme

La résolution proposée souhaite « autonomiser les femmes ». La contraception aurait dans ce cas pour but de rendre la femme unique responsable de la procréation du couple. La conséquence est alors lourde si une grossesse survient par surprise. L’homme est déresponsabilisé, la contraception « nie la capacité d’un homme à agir comme un être de raison et de relation responsable de ses actes ». 

 

Par la contraception, l’homme et la femme décident d’être maître de la vie. Ils se coupent d’une « finalité » de la sexualité qui devient une « activité corporelle tournée vers la seule satisfaction personnelle et perd sa nature de don mutuel entre un homme et une femme ».

 

Se donner les moyens d’agir

 

L’ECLJ propose de « repenser la contraception ». Il existe aujourd’hui les méthodes naturelles de régulation des naissances qui s’appuient sur une approche écologique, saine et collaborative. Elles restent peu connues : il faut les valoriser et les promouvoir auprès des femmes.

 

C’est également les adolescents qui ont besoin d’une éducation à la « responsabilité sexuelle » à laquelle les parents doivent prendre part.

 

La sexualité est belle et précieuse si elle est basée sur « le respect mutuel au sein du couple et le respect de l’acte sexuel comme porteur de vie ».

 

[1] Centre Européen pour le Droit et la Justice

[2] British Pregnancy Advisory Service, « Women trying hard to avoid unwatend pregnancy, research shows », 4 février 2014.

[3] Toutel’europe.eu, « Le taux de fécondité dans l’Union européenne », [en ligne] consulté le 21 juin 2019 : https://www.touteleurope.eu/actualite/le-taux-de-fecondite-dans-l-unione...

[4] CW Skovlund et al. « Association of Hormonal Contraception With Depression », JAMA

Psychiatry, vol. 73, n°11, 2016, p. 1154–1162.