IVG : Paris en avance sur le Projet de Loi Santé ?



L’examen du projet de loi santé au Sénat débute aujourd’hui (cf. Gènéthique du 9 septembre 2015). Ce projet de loi contenait, avant sa réécriture par la Commission des Affaires Sociales du Sénat de nombreuses dérives bioéthiques, parmi lesquelles une banalisation de l’IVG : suppression du délai de réflexion, pratique de l’IVG instrumentale en centre de santé, possibilité pour les sages-femmes de réaliser des IVG médicamenteuses, levée des restrictions existantes sur l’accès à la contraception d’urgence des élèves du second degré auprès de l’infirmerie scolaire (Consulter ici l’infographie de Gènéthique mise à jour sur les enjeux bioéthiques du projet de loi santé).

 

Dans ce contexte, le Docteur Bernard Jomier, adjoint à la mairie de Paris responsable de la santé s’est rendu au planning familial du 2ème arrondissement « où il a annoncé des mesures pour faciliter l’accès à l’IVG » élaborées au Conseil de Paris. Ces mesures visent notamment « l’amélioration de l’information, du remboursement et de la procédure d’anonymat », « la garantie du libre choix de la technique d’IVG à l’hôpital », et « la création d’un circuit de prise en charge en urgence chez les femmes à la limite du délai légal ».

 

Le Docteur Jomier a également annoncé que l’« extension de la réalisation des IVG médicamenteuses à tous les centres de santé de Paris et Centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) est une mesure qui a été votée au Conseil de Paris en mars 2015 et qui prendra effet dès le début de l’automne ».

 

Les professionnels du planning familial ont eux dénoncé « le grand nombre de médecins cherchant à dissuader les femmes désireuses d’avorter », et « les attaques contre l’IVG de plus en plus nombreuses à Paris ». Pour faire face aux demandes d’IVG, ils ont mis en place une « étroite collaboration » entre les plannings familiaux et les 100 médecins généralistes qui pratiquent l’IVG médicamenteuse à Paris.

 

Concernant la suppression du délai de réflexion en discussion avec le projet de loi santé, il leur semble que la question est « dépassée » car « il n’est plus respecté depuis longtemps » : « tout le monde est au courant, même les hôpitaux nous demandent parfois des certificats de la première visite médicale anti datés pour pouvoir gérer la demande et l’urgence ».


Sources: 

Le Quotidien du Médecin (11/09/2015)