Jean-François Delfraissy : les avis du CCNE ne sont pas « inscrits dans le marbre »



Dans une interview accordée au journal Libération, Jean-François Delfraissy, président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) depuis neuf mois, « détaille les grands enjeux éthiques à venir dans la santé et pourquoi le CCNE doit écouter davantage la société civile ».

 

Son « regard sur l’éthique s’est forgé en tant que médecin », et il reconnait ne pas être « un spécialiste de la bioéthique ». Mais il constate que « les sujets à traiter sont complexes ». Toutefois il est catégorique : « il n’y a pas d’éthique immobile ». Par conséquent les avis du CCNE ne sont pas « inscrits dans le marbre » : « les questions se posent au fil du temps dans des conditions différentes » (cf. Le CCNE s’active sous l’impulsion de son nouveau président. Pour le meilleur ou pour le pire ?). 

 

Il souhaite « un comité plus réactif, plus fluide, plus à l’écoute de la société », qui rende public « rapidement ses réflexions, y compris sur des sujets clivants ». Il estime que « les experts aiment trop travailler entre experts », et que les « sages » du CCNE gagneraient à écouter la société civile « parfois plus progressiste » que lui. Une société civile qu’« il n’est pas aisé de trouver au milieu de groupes ayant des positions très fortes et arrêtées », déclare-t-il. A l’occasion de la révision des lois de bioéthique, il souhaite donner une plus large place aux étudiants et lycéens. Ces débats porteront non seulement sur la fin de vie et la PMA, mais aussi sur l’intelligence artificielle, les nouvelles techniques génomiques, les organes artificiels en 3D, la place du robot et l’arrivée de grandes bases de données concernant la santé (cf. Un premier calendrier pour la révision des lois de bioéthique). 


Sources: 

Libération, Eric Favereau (15/10/2017)