"La dignité de la procréation" : les évêques de France s'engagent contre l'extension de la PMA



Dans un texte de plus de cent pages intitulé « la dignité de la procréation », les évêques de France qui ont unanimement signé le document, s’engagent contre l’extension de la Procréation médicalement assisté aux couples de femmes et aux femmes seules. Pour les évêques, cet élargissement de la loi « entraînerait des conséquences graves relatives à la filiation, à la mission de la médecine et à l’établissement de priorités de santé inspirées par l’exigence du soin ».

 

Organisé autour de deux principes phares : la dignité et la fraternité, le document identifie cinq obstacles éthiques : la privation de la référence paternelle, contraire au bien de l’enfant, le risque de marchandisation, une menace sur l’attachement à la mission de la médecine car la technique ne serait plus utilisée en raison d’une « infertilité médicalement constatée » mais pour répondre à un désir d’enfant. Enfin, le poids toujours plus important du concept de « projet parental » qui consacre un « renforcement de la volonté humaine au détriment de la réalité biologique » et l’impossible justification de cette évolution législative sur la seule base de l’égalité : « l’altérité sexes peut conduire à des traitements différenciés » et « si l’argument d’égalité sert de justification à l’établissement d’une double généalogie maternelle, comment sera-t-il possible de refuser la GPA » aux hommes ?

 

« La PMA ne peut être considérée comme une simple technique parce qu’elle renvoie à la procréation humaine qui est étroitement liée à la dignité de la personne » explique Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio. « La procréation ne peut rimer avec instrumentalisation ou marchandisation. En veillant sur les débuts de l’existence, nous portons le souci de cette hospitalité primordiale qu’est l’accueil d’une vie humaine ». Pour les évêques, au-delà d’une approche « affective ou simpliste », ce texte vise à participer au débat. Il s’agit « de prendre conscience que l’objet du désir d’enfant est une personne humaine.(…) La technique ne doit pas être la seule réponse à cette souffrance ». Pour l’évêque, « il faut aussi développer les recherches sur les causes de l’infertilité (en particulier le lien entre écologie et fertilité), et penser une politique familiale qui permette de ne pas repousser toujours plus l’âge moyen de la première grossesse ».

 

Répondant aux inquiétudes des évêques, Agnès Buzyn a affirmé que l’extension de la PMA ne conduirait pas à la GPA parce qu’elle conduit à utiliser « le corps d'une femme pour lui faire porter un enfant qu'elle ne gardera pas », et comme telle cette technique « rentre dans la marchandisation du corps humain ».


Sources: 

La Croix, Marie Malzac (20/09/2018) et Loup besmond de Senneville (21/09/2018) ; Le Figaro, Jean-Marie Guénois (20/09/2018)