Lâché de moustiques OGM, les Burkinabés réagissent



En 2016, 216 millions de personnes ont contracté la malaria. La maladie a causé 445 000 décès, un enfant en meurt toutes les deux minutes, et la maladie coûte 12 milliards de dollars à l’économie africaine chaque année, soit 40% des dépenses de santé[1]. La mortalité liée au paludisme « après une période de déclin, progresse à nouveau ».

 

Dans ce contexte, le Burkina Faso a importé, avec l’accord de l’Agence nationale de biosécurité, des œufs de moustiques génétiquement modifiés d’Italie en vue d’un élevage de milliers de mâles qui devraient être prochainement « lâchés dans la nature », alors qu’un « vaccin expérimentale doit faire l’objet d’une campagne de vaccination dès cette année ».

 

Les œufs, importés d’Italie, ont été confinés au laboratoire de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) de Bobo-Dioulasso, devraient produire « 10 000 moustiques mâles stériles », avant un premier lâcher dans la nature. « Les caractéristiques héréditaires des insectes bobolais pourraient s’en trouver progressivement modifiées, contribuant ainsi à la lutte anti-vectorielle contre l’anophèle ».

 

Lors d’une récente conférence de presse, la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN) « a réitéré son opposition à l’introduction des OGM, que ce soit pour des objectifs agricoles, alimentaires ou de santé ». Elle a dénoncé « la dissémination programmée de créatures aux propriétés largement inconnues » sachant que « la ‘portée’ de moustiques mâles stériles serait potentiellement truffée de 50 femelles fertiles » qui pourraient potentiellement interagir « avec des insectes non-modifiés ».

 

Les Burkinabés viennent de lancer une pétition « insistant sur le fait que la technique est onéreuse et que l’Homme intègre ne saurait être considéré comme un cobaye ».

 

[1] Source : 7e conférence de l’initiative multilatérale sur le paludisme.


Sources: 

Jeune Afrique, Damien Glez (20/04/2018)