L’Assemblée vote en faveur d’une expérimentation française du cannabis thérapeutique


Vendredi dernier, à l’occasion de débats sur le projet de budget 2020 de la Sécurité Sociale, les députés ont donné leur « feu vert » à l’expérimentation du cannabis thérapeutique. Olivier Véran, député LREM, a ainsi vu son amendement adopté à mains levées sans soulever d’opposition. Ce vote fait suite à un avis favorable de l’ANSM[1] délivré au début de l’été (cf. Le « cannabis thérapeutique » autorisé en soins palliatifs à partir de 2020), et valide un protocole de deux ans d’expérimentation. Trois mille patients pourront être concernés, selon cinq indications : douleurs neuropathiques réfractaires, certaines formes d’épilepsie sévères et pharmacorésistantes, les soins de support en oncologie dans les situations palliatives, la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques, ou d’autres pathologies du système nerveux central. Les produits délivrés en pharmacies seront vendus sous forme d’huiles, de tisanes et de fleurs séchées. Selon les travaux menés par le précédent comité d’experts de l’ANSM, entre 300 000 et 1 million de patients pourraient être concernés par la prise de cannabis thérapeutique, à l’issue de cette expérimentation.

 

Une telle mesure n’est pas sans soulever quelques questions : qui approvisionnera la France en cannabis, alors que la loi en interdit la production ? Quelles études prouvent le bénéfice du cannabis dans la gestion de la douleur ? N’est-ce pas là une manœuvre volontaire qui conduira à la libéralisation du cannabis sous couvert médical ?

 

L’Académie nationale de pharmacie dénonçait au mois de juin « l’appellation abusive et dangereuse » de « cannabis thérapeutique », rappelant que « 7% des jeunes français de 17 ans en sont dépendants », mais aussi que « le cannabis est la troisième cause de déclenchement de l’infarctus du myocarde ». Un « abus de langage » malheureusement répandu, qu’il convient de démasquer, selon l’institution : « Des extraits de plantes fournissent les principes actifs de médicaments, comme la morphine extraite du pavot ou le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD) du cannabis. Pour autant, même si la morphine ou la codéine entrent dans la composition de médicaments, l’opium « thérapeutique » n’existe pas. Le cannabis « thérapeutique » non plus ».