Le "bricolage" du génome humain peut-il modifier la personne ?



Dans un article publié par la revue Science[1] la semaine dernière, les auteurs soulignent que « les découvertes scientifiques et les nouvelles technologies qui visent à améliorer la santé humaine nous mettent au défi de comprendre ce que signifie être humain ». Et ils s’alarment : aider ceux qui souffrent de maladies génétiques pourrait nous conduire à ignorer ce que signifie « bricoler notre composition génétique ».

 

Ils remarquent que « les perceptions de l'être et les limites entre les humains et les autres espèces peuvent être perturbées par notre potentiel de manipulation des gènes et leur expression, de réguler les fonctions cellulaires et de remplacer les tissus pour améliorer la qualité de vie ».

L’utilisation de la technologie génétique pour guérir une maladie génétique chronique changera complètement l'identité de la personne, qui passera du statut de patient alité tout au long de la vie à celui de membre sain et productif de la société. Peu de gens diront que ce changement d'identité est une mauvaise chose, mais que se passera-t-il si nous commençons à lier les gènes à des idées plus abstraites comme la violence, la dépression ou le jeu (cf. Manipulation du génome Humain : Entre Hippocrate et Bellérophon). Aussi indésirables que soient ces traits, ils sont intrinsèques à nos identités et leur suppression changerait fondamentalement qui nous sommes.

 

Cependant, avec l’amélioration de notre capacité à modifier l’ADN, il sera difficile d’éviter son utilisation pour faire correspondre nos identités aux idéaux et normes prescrits. Avec le résultat ultime de voir se réduire la diversité des identités humaines qui sont les nôtres. Et alors même qu’il est acquis que la personne humaine est plus que la somme des gènes dont elle est l’héritière.
 
« De quelle façon le discours normatif et historique sur l'identité humaine peut-il aider à décider si, comment et quand, utiliser des cellules génétiques, des cellules souches et des technologies de reproduction ? », alors que ces moyens sont susceptibles de « changer les caractéristiques de nos cellules et donc, peut-être, nos identités individuelles et humaines ? ».

Sources: 

Singularity Hub (19/04/2017) ; Science (14/04/2017)