Le liquide nourricier des éprouvettes impacterait la santé des enfants issus de FIV



Le liquide synthétique dans lequel baignent les « bébés-éprouvette » pendant leurs premiers jours de vie, pourrait être à l’origine de certains troubles de la santé dont sont affectés ces enfants.

 

Depuis la naissance de Louise Brown en 1978, les personnes conçues par FIV – plus de cinq millions – se portent globalement bien et les études ont « exclu tout problème grave qui les concernerait spécifiquement ». Pourtant ils sont plus nombreux à naître prématurés ou à avoir un faible poids à la naissance (cf. Le processus de FIV affecte la taille des nouveaux nés ), certaines malformations génétiques rares sont plus fréquentes en cas de FIV, une augmentation des dysfonctionnements cardio-vasculaires a aussi été constatée (cf. Plus de risques de maladies cardio-vasculaires chez les enfants nés de PMA ? ), ainsi que des risques métaboliques tels que la proportion graisseuse de la composition corporelle (cf. Surpoids et problèmes cardiovasculaires, les enfants nés d'une FIV plus exposés ).

 

De récents travaux montrent que ces différences « pourraient trouver leur origine dans les trois à cinq premiers jours de l'embryon issu d'une FIV : ceux qu'il passe dans un bain nourricier entre les murs du centre de procréation médicalement assistée où il a été créé, avant d'être implanté dans l'utérus de la mère trois à cinq jours plus tard. » En effet, les études sur l’animal permettent de mettre peu à peu en lumière l’importance du développement de l’embryon pendant ces premiers jours, et de l’influence du liquide nourricier sur ce développement. Les dernières découvertes montrent que « cette période biologique est cruciale dans la bonne marche des gènes du futur individu » et que les liquides synthétiques des éprouvettes auraient « un effet perturbateur ».

 

Le secret industriel, qui empêche l’accès à la composition exacte du liquide utilisé, ne permet pas aux chercheurs d’étudier leur effet. « S'ils ne sont qu'un facteur de risques parmi d'autres, ils n'en sont pas moins un facteur crucial... encore loin de répondre aux exigences de transparence et de sécurité que la situation impose. »


Sources: 

Science et Vie, Lise Barnéoud (07/09/2018)