Le Président de la Mutualité française réclame l’euthanasie



« Dans une tribune publiée par Le Journal du Dimanche », Thierry Beaudet, président de la Mutualité française, « un organisme professionnel qui regroupe l’essentiel de ce secteur », demande la légalisation de l’euthanasie. « Thierry Beaudet veut ″l’aide active à mourir″, autrement dit la version la plus extensive, qui va jusqu’au suicide assisté », dénonce Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction du journal La Vie.

 

« Cent fois agités et sans cesse ressassés, toujours aussi mécaniquement sortis du tablier, ces vieux fantasmes tournent au rituel triste », regrette le journaliste. Et, « alors que la loi bioéthique poursuit son chemin au Sénat, dans une version à certains égards aggravée, on prépare les esprits à la suite », annonce-t-il. Et de dénoncer que l’ « on cherche à conditionner notre résignation ». Mais pas seulement. « Car on en est déjà au stade où l’on pense à placer des produits sur le marché ». « La Mutualité se dit prête à créer des ″lieux″ dédiés à cette forme de suicide », dénonce Jean-Pierre Denis.

 

Citant Marie de Hennezel, psychologue et écrivain, qui s’insurge : « Le rôle des mutuelles est de protéger et d’encourager les soins palliatifs. Pas d’encourager une loi sur l’euthanasie qui, à terme, pourrait mettre en danger les âges vulnérables, dont on jugera de l’extérieur que leur vie ne vaut pas d’être vécue », il s’interroge : « En quoi et par qui est mandaté cet homme d’appareil qui soudain s’exprime au nom des 37 millions de Français que sa fédération est censée protéger  ». Affirmant que « les mutuelles sont là pour créer du secours, et non pour renvoyer chacun à sa solitude », il interpelle : « Dans ce vrai et nécessaire débat sur l’accompagnement de la souffrance et sur le bien mourir, où est la vision du lien social et du bien commun ? Où est la philosophie de l’économie sociale et solidaire ? Où est le plan de bataille pour engager le secteur dans le développement du service palliatif, notamment des soins mobiles, pour rejoindre les personnes isolées ? »

 

Pour Jean-Pierre Denis, il n’est pas anodin qu’ « à l’heure où les Français s’interrogent sur la réforme des retraites », et où « certains redoutent l’entrée des fonds de pension dans le système de protection sociale », ce soit ce moment « que choisit le président de la Mutualité française pour proposer une nouvelle ″avancée″ dans cette fusion du libéralisme économique et du libéralisme sociétal », prophétisé par Jean-Claude Michéa. Alors serait-ce « un plan d’économie déguisé ? » « L’euthanasie, certes, coûterait moins cher aux mutuelles que les soins, palliatifs ou pas. C’est incontestable », reconnaît le journaliste. « Mais on se refuse à penser qu’un si médiocre calcul puisse traverser l’esprit d’un mutualiste, fût-il bon gestionnaire… »

 

Pour aller plus loin :

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Soins palliatifs : le cri d’alarme


Sources: 

La Vie, Jean-Pierre Denis (21/01/2020)