Les Canadiennes abandonnent la pilule



Ses migraines atroces ont cessé du jour au lendemain quand elle a arrêté de prendre la pilule. Pourtant Kelsie Bryson a mis huit ans à faire le lien entre la pilule et ses symptômes. « Je pouvais ressentir un engourdissement sur tout le côté droit de mon corps - y compris la bouche, ce qui pouvait m’empêcher de parler pendant une quinzaine de minutes - ainsi que des vomissements et des confusions », explique-t-elle. Parfois elle était même contrainte de se rendre à l’hôpital. Un jour, un médecin, faisant le lien, lui conseille d’arrêter sa pilule. L’effet a été immédiat, ses symptômes s’arrêtent.

 

Kelsie Bryson n’est pas la seule dans ce cas : d’après les sondages de la Society of Obstetricians and Gynaecologists of Canada, la proportion des femmes ayant recours à une contraception hormonale est en chute libre depuis dix ans. En 2006, 39 % des Canadiennes de plus de 30 ans prenaient la pilule, en 2016 elles n’étaient plus que 16 %.

 

Les effets secondaires de la pilule sont de mieux en mieux connus, « associés à un intérêt croissant pour le contrôle des naissances non hormonal », ils ont laissé émerger un courant de méfiance vis-à-vis des hormones, alors que des applications de suivi de cycles se multipliaient.

 

Le Dr Sari Kives, gynécologue et professeur à l’Université de Toronto, reconnaît que « chaque fois que vous absorbez un progestatif, que ce soit par la pilule ou par un stérilet hormonal, il y a une chance que votre humeur soit altérée » car la progestérone agit sur l'humeur. « Les risques à court terme de la pilule sont des saignements, détaille-t-elle, les seins douloureux, des nausées, des vomissements et des ballonnements » et les effets secondaires incluent « caillots sanguins, (…) crises cardiaques, AVC, hypertension artérielle et les tumeurs du foie ». La gynécologue précise que ces derniers sont plus graves, et que les premiers sont très fréquents. La pilule hormonale peut même avoir un impact sur la santé mentale, la prise de poids ou l’équilibre de la peau et elle est régulièrement liée à des situations de dépression.

 

Pour aller plus loin :

La contraception hormonale favorise le risque d’AVC chez les femmes ?

Pilule contraceptive : l’Agence européenne du médicament demande de mettre en garde contre les risques de dépression et de suicide

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Sources: