Les cellules souches seraient susceptibles de soigner une surdité congénitale d’ici 10 ans



La revue Stem cell Reports vient de publier une étude montrant que des chercheurs sont sur le point de trouver un traitement à la surdité liée à l’hérédité en utilisant des cellules souches. Le professeur Kazusaku Kamiya, un spécialiste des maladies de l’oreille qui dirige la recherche, explique qu’avec son équipe, ils ont réussi à produire des cellules cochléaires[1] : « La prochaine étape sera de trouver le moyen de les introduire dans l’oreille du patient ». Selon lui, « une thérapie serait envisageable d’ici 5 ou 10 ans ».

 

Les travaux, qui ont été menés dans un laboratoire à l’Université Juntendi de Tokyo au Japon, visaient à corriger le gène GJB2, responsable de la surdité ou des pertes d’audition, qui concernent un enfant sur 1000. Dans certaines parties du monde, la mutation de ce gène concerne la moitié des surdités d’origine génétique. Le professeur Kamiya et son équipe ont fabriqué et fait grandir de nouvelles cellules cochléaires humaines à partir de cellules souches exemptes de cette mutation, pour remplacer celles du patient, qui sont défectueuses.

 

Les patients souffrants de ce type de surdité sont habituellement soignés avec des implants qui aident au transfert du son vers les nerfs auditifs. Il n’y a pas de traitement existant. Ces cellules devraient permettre de restaurer l’audition normale de la personne.

 

Note Gènéthique :

Ichiro Fukunaga et al. ont réussi à obtenir leurs cellules cochléaires CX26-GJP forming (cellules où le gène GJB2 qui donne la connexine 26, CX26 s'exprime). Le travail a été effectué dans le laboratoire de Kazusaku Kamiya (Département d'ORL, Jutendo University Faculty of Medicine, Tokyo).

Les iPS sont des iPS de souris (cinq lignées, deux venant de RIKEN Bio Resource center, trois générées dans le labo à partir de fibroblastes embryonnaires de souris). On est encore loin d’une application clinique. Pour l'instant la technique va servir pour avoir un modèle cellulaire de pathologies cochléaires, ce qui est le gros avantage donné par les iPS sur les cellules souches embryonnaires.

 

[1] Ces cellules se trouvent dans l’oreille interne, et sont indispensables pour transmettre le son de l’oreille vers le cerveau.


Sources: 

Mailonline (Harry Pettit) 22/11/2016 ; Express (Lucy Johnston) 20/11/2016