Les femmes qui font une FIV augmentent de 40 % leur risque d’avoir une complication grave à l’accouchement



La FIV augmente de 40 % le risque d’avoir des complications graves à l’accouchement telles que septicémies, hémorragies, ou hospitalisations en soins intensif. C’est une étude canadienne qui vient de publier ce chiffre. L’équipe de chercheurs, de l'Université McGill au Canada, a suivi 60 000 femmes, dont 11 500 ont effectivement initié une grossesse, naturellement ou par FIV. Ces femmes ont été classées par catégories telles que l’âge ou le nombre de grossesses précédentes, et la prévalence de 44 complications graves de grossesse et d’accouchement, de la pré-éclampsie à la septicémie, a été observée. « Les femmes qui avaient conçu par FIV étaient plus de deux fois plus à risque d'avoir au moins trois de ces problèmes de santé », les complications les plus fréquentes étant « des infections graves, des hémorragies de la délivrance, et des hospitalisations en soins intensifs » : 31 femmes ayant conçu par FIV sur 1000 ont eu des complications graves, « c’est 39% plus élevé que dans le groupe similaire des mères ayant conçu naturellement, chez qui décès et complications ont affecté environ 22 personnes sur 1 000 ». Le risque le plus élevé a été identifié chez les femmes de plus 40 ans et chez les mères de jumeaux.

 

L’étude, dirigée par le docteur Natalie Dayan et publiée dans le Canadian Medical Association Journal, émet l’hypothèse que ces complications médicales seraient liées aux fortes doses d’hormones reçues par la mère pour « pour stimuler les ovaires afin qu’ils produisent plus que l’ovocyte mensuel unique habituel », car « ces doses élevées d’hormones peuvent provoquer des altérations des vaisseaux sanguins, pouvant conduire à la formation de caillots sanguins chez les femmes enceintes ». Selon cette hypothèse, les embryons qui ont été congelés plusieurs mois avant d’être implantés seraient ainsi partiellement « protégés » des effets secondaires de la FIV.

 

Plus de 68 000 cycles de FIV sont réalisés chaque année en Grande-Bretagne, plus de 20 000 bébés britanniques sont nés en 2016 après une PMA. Il n’y a pourtant aucune garantie de réussite, puisque le taux d’échec est de 71 % avant 35 ans et qu’il augmente ensuite avec l’âge. Dans ce pays, chaque cycle de FIV coute 3 348 £[1].

 

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[1] 3 815 € environ.